L'épidémie de rougeole ne cesse de progresser

L’épidémie de rougeole ne cesse de progresser
L’épidémie de rougeole ne cesse de progresser - © Tous droits réservés

L’OMS tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : les cas de rougeole ont bondi de 300% durant les trois derniers mois à travers le monde. Depuis le début de l’année 2019, 112.163 cas de rougeole dans 170 pays ont été signalés à l’organisation mondiale de la santé. Or, l’organisation estime que seul 1 cas sur 10 lui est signalé… La rougeole, qui se repère aux rougeurs qui apparaissent sur le corps de la personne atteinte, est une maladie très contagieuse et pour laquelle aucun traitement curatif n’existe à l’heure actuelle. Cependant, un vaccin existe. Alors à qui la faute ? Tant du côté de l’OMS que de l’avis du pédiatre Pierre Smeesters, c’est à cause d’une défiance envers les vaccins dans les pays riches, et d’un mauvais accès aux soins dans les pays pauvres, que la rougeole fait son grand retour.

« On est face à un problème, ça, c’est une certitude » affirme d’emblée Pierre Smeesters, chef du service de pédiatrie à l’Hôpital universitaire des Enfants Reine Fabiola. Et un problème qui n’est pas forcément nouveau. Cela fait effectivement quelques années que l’on parle de cette recrudescence cette maladie contagieuse. Dès 2016 le nombre de cas a augmenté, et depuis, cette hausse n’a fait que s’accentuer. Certes, les causes sont multifactorielles et la responsabilité est partagée, affirme le pédiatre au micro de Soir première, mais le mouvement antivaccin n’est pas tout blanc non plus… Des parents qui s’inquiètent, c’est normal dit-il et tout à fait compréhensible, mais il est parfois lui-même confronté aux conséquences de leurs choix de ne pas vacciner leur enfant, et là c’est difficile à encaisser en tant que médecin.

« Les médecins, les pédiatres ont un rôle d’information auprès des gens. On entend beaucoup de questions, et je trouve ça tout à fait normal, c’est difficile de faire une action pareille à un enfant qui va parfaitement bien pour empêcher qu’il ne tombe malade à l’avenir… Mais en tant que pédiatre, quand je vois des enfants aux soins intensifs intubés, ventilés par une machine, parce qu’il a des difficultés à respirer dû à un cas de rougeole alors que c’est une maladie qu’on peut prévenir avec une simple injection, une simple vaccination, c’est vrai que ça, c’est émouvant pour nous. On soigne beaucoup d’enfants à l’hôpital pour lesquels on ne pouvait rien faire. Et c’est déjà émouvant. Mais quand en plus, on sait qu’on aurait pu prévenir ces infections-là, c’est clair que ça nous touche… » raconte-t-il.

Lutter contre la désinformation sur le sujet

La désinformation et les communautés, groupes antivaccins qui se trouvent sur les réseaux sociaux jouent un grand rôle dans cette nouvelle tendance à la non-vaccination. Les géants des tech comme Facebook et Google se sont d‘ailleurs engagés à œuvrer pour limiter leur influence d’une manière ou d’une autre. Pour Pierre Smeesters, c’est vrai que c’est un grand défi. « L’OMS pointe [la vaccination et la lutte contre la désinformation à ce sujet] comme un des 10 grands défis pour la santé au niveau mondial en 2019, et je suis d’accord. On doit se mettre autour de la table et réfléchir à comment y répondre de la meilleure manière. Il faut développer de meilleurs moyens de discuter, de répondre aux questions. C’est vrai que l’immédiateté, les médias sociaux, la facilité avec laquelle on peut dire tout et n’importe quoi est une difficulté dans ce genre de débat » détaille-t-il.

Pour le pédiatre, la lutte contre la rougeole et pour la vaccination passe aussi par une formation renforcée des professionnels de la médecine : « c’est un sujet complexe qui demande une formation continue importante » complète-t-il.

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