L'enseignement technique et professionnel ne conviennent-ils plus?

L'enseignement technique et professionnel ne conviennent-ils plus? Chat à 11h30
L'enseignement technique et professionnel ne conviennent-ils plus? Chat à 11h30 - © Tous droits réservés

Faut-il revoir notre système scolaire ? Et plus spécifiquement, l'enseignement technique et professionnel ? Ces formations ne sont-elles plus en phase avec le monde de l'emploi ? Le sujet a été débattu lors de notre chat à 11h30 avec un acteur du terrain. Elias Constas est professeur en sciences humaines dans l'enseignement professionnel.

L’enseignement technique n’est pas assez mis en valeur, "c’est une des raisons des pénuries auxquelles on doit faire face", a déclaré, ce dimanche dans Mise au Point, Vincent Reuter, l’administrateur délégué de l’Union Wallonne des Entreprises (UWE). Plusieurs invités ont embrayé en soulignant que c’est tout le système scolaire qui doit être revu.

Un avis partagé par tous les intervenants qui ont participé à notre chat dont notre invité Elias Constas qui enseigne dans la filière professionnelle à La Fraternité à Bruxelles.

"Il faut faire en sorte que notre enseignement soit plus à la pointe dans une société moderne et médiatisée comme la nôtre", explique-t-il.

"Si nos élèves sont démotivés c'est aussi parce que l'enseignement général dans lequel ils se trouvent ne leur convient pas et les rejette souvent. Ils arrivent donc par défaut dans une filière technique ou professionnelle qu'ils ne désiraient pas forcément". "La démotivation provient également du fait que nos élèves, pas tous, proviennent de milieux sociologiquement défavorisés, sans grand contact avec le monde de l'apprentissage. C'est à nous de rattraper - avec difficulté - le temps perdu", ajoute-t-il.

En d'autres termes, ce n'est pas seulement l'enseignement technique et professionnel qu'il faut revoir mais "tout le système d'enseignement", comme l'écrit François B.

Changer la manière d'enseigner

"Donner cours autrement, trouver des méthodes d'apprentissage plus attrayantes (...) Je pense que les méthodes d'apprentissage traditionnelles sont dépassées ; il convient de travailler de manière non frontale, par atelier, en tout cas, cela marche assez bien dans mon cas", propose Elias Constas.

Et cela commence dès l'école primaire, dit-il, en étant à "l'écoute de l'élève et de son affect" pour "ensuite le mettre en confiance. Je regrette parfois de rencontrer encore des profs qui stigmatisent les élèves pour leur différence ; la problématique est sociologique. Ces élèves finalement se sentent très vite rejetés ; il faut les aider et former nos enseignants davantage à la psychologie, la sociologie, l'anthropologie". "Une agrégation ou un diplôme en haute école ne suffisent plus", conclue-t-il.

Une qualité d'enseignement mais aussi une qualité des contenus doivent être maintenus, dit-il encore. Et Christine Platon de préciser qu'il faut leur inculquer "un minimum de culture générale" pour ne pas faire d'un électricien qu'un "serreur de vis", ajoute François B.

Une meilleure formation pour les professeurs

A la question de savoir s'il faut allonger la formation des jeunes qui se prédestinent à l'enseignement, Elias Constas répond ceci : "Je crois que des enseignants mal formés ou qui se sentent mal formés, ne restent pas dans l'enseignement. Ce n'est pas une question d'allongement de formation mais de qualité d'enseignement. Enseigner par atelier de manière non frontale est parfois difficile pour les profs car cela ne correspond pas à leur manière d'avoir appris ; il s'agit aussi d'une remise en question de soi ; ce qui est le plus dur".

Il faut donc "réinventer l'école puisque même les valeurs ont changé. La notion d'autorité a évolué. Les jeunes actuels ont leur système de valeur différent de celui d'il y a 40 ans", estime François B. 

"Enseigner est un métier. Actuellement, la pénurie de professeurs diplômés oblige les institutions à engager (par exemple) d'anciens techniciens qui ont quitté leur secteur professionnel", fait remarquer Christine Platon.

Un problème que connaît Elias Constas qui précise que "ces personnes n'ont pas d'expérience pédagogique. On constate d'ailleurs que beaucoup d'entre eux ne restent pas longtemps en place dans l'institution scolaire".
 

C. Biourge

Relisez notre chat, en cliquant ci-dessous :

Posez vos questions

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK