L'enseigne Carrefour veut-elle tromper le consommateur sur l'origine belge des produits?

L’enseigne Carrefour a-t-elle voulu tromper le consommateur en étiquetant des produits avec un drapeau belge, alors que venu de pays étrangers ?

C’est ce que dénonçait il y a un mois Pierre Ozer, un chercheur de l’université de Liège sur son profil Facebook. Photos à l’appui, il constatait la présence de produits où l’emballage et l’étiquetage sont corrects, mais où un drapeau belge surplombe le tout, ce qui pourrait induire les clients en erreur. Carrefour reconnaissait que des collaborateurs avaient commis des erreurs d’étiquetage et que cela serait corrigé.

Ce matin la RTBF a fait l’expérience dans plusieurs magasins du groupe pour voir si les erreurs avaient disparu. Et surprise, nous y avons trouvé des oignons égyptiens ou des poivrons espagnols dont l’étiquette indique bien la provenance, mais un drapeau belge trône toujours au-dessus du produit sur le rayon.
 

Contacté le SPF économie réagissait. À partir de quand peut-on parler de « tromperie » ? Si, par exemple, un simple drapeau belge est collé au-dessus d’un produit en rayon alors que ce même produit est en réalité importé de l’étranger, cela rentre-t-il dans cette catégorie ? « A partir du moment où le consommateur peut être trompé, la firme mise en cause peut être considérée comme en infraction. A priori, cette infraction doit être assortie d’une mauvaise foi. Cette mauvaise foi peut être établie de différentes façons, notamment lorsque des faits similaires ont déjà été constatés et que la firme a été informée qu’elle devait rectifier son étiquetage, en particulier lorsque cela a trait à l’origine de ses produits mis en vente. La façon classique d’informer les firmes se fait sous la forme d’un PV d’avertissement ».

Notons qu’en 2018, sur base de chiffres provisoires, 116 contrôles ont eu lieu dans ce cadre dans le secteur fruits et légumes. Il en résultait 67 Procès-verbaux d’avertissements et 9 procédures judiciaires.

Depuis nous avons à nouveau demandé une réaction de Carrefour, qui joue la même explication « ce sont des erreurs d’étiquetage et nous allons passer des consignes pour que cela n’arrive plus ».

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