L'emprunt populaire est-il vraiment intéressant?

L'emprunt populaire rapporte moins que le compte épargne
L'emprunt populaire rapporte moins que le compte épargne - © PHILIPPE HUGUEN - IMAGEGLOBE

Décidé par le gouvernement Di Rupo et voté fin 2013, l'emprunt populaire est une mesure qui vise à utiliser l'argent des épargnants pour financer l'économie réelle. Plusieurs banques viennent de révéler les taux d'épargne qui iront avec ces emprunts et ce n'est franchement pas exceptionnel.

Et si notre argent servait à financer des hôpitaux, des petites entreprises ou des écoles ? C'est le principe de l'emprunt populaire. Vous laissez votre argent sur un compte épargne pendant une période déterminée et celui-ci servira à financer l'économie réelle.

Plusieurs banques viennent de révéler la forme de cet emprunt. Par exemple, si vous placez votre argent pour une période de 6 ans chez BNP Paribas Fortis, le taux brut sera de 2% et ce sera sous la forme de bons de caisse.

Chez ING vous pouvez bénéficier d’un taux de 1,8 % sous forme de compte à terme alors que chez Belfius, ce sera 2,1 % et également sous forme de bons de caisse.

Des taux proposés moins avantageux qu'un compte épargne

Mais avec les taux proposés, cet investissement est-il vraiment intéressant ? Pas selon Test-Achats et son analyste Nicolas Claeys : "Dans les conditions actuelles l’emprunt populaire n’est pas avantageux pour la simple raison que les taux sont extrêmement faibles pour le moment".

Petit exemple, si vous placez 1000 euros aujourd’hui dans un emprunt populaire de cinq ans : "Vous aurez environ 15 euros d’intérêt par an contre 20 euros pour le compte épargne".

Et, dans ce cas-ci, votre argent est immobilisé pour une période allant de cinq à dix ans. Si les taux remontent entre temps, il sera donc impossible de réinvestir votre épargne. Reste à voir si le côté éthique de cet emprunt va convaincre les Belges d'investir.

"L’objectif est louable puisqu’il s’agit d’investir dans l’économie réelle et cela veut dire que cet argent servira à créer des écoles, des maisons de repos et financer des petites et moyennes entreprises" mais il faut convaincre l’épargnant d’y souscrire et pour le moment "avec les taux qui sont faibles, cela ne vaut pas la peine d’investir sur des durées supérieures à cinq ans" conclut l’analyste.

D'autres banques comme KBC devraient proposer des offres dans les prochaines semaines. Un arrêté royal, attendu très prochainement, devrait également définir clairement les projets qui seront financés par cet emprunt populaire.

Des produits analogues existaient comme ces obligations de Financité, qui offraient (jusque fin 2013° un taux annuel de 1,9% tout en étant à plus court terme (6 mois) mais qui ne bénéficiaient pas de réduction du précompte mobilier (donc à 25% contre 15% pour l'emprunt populaire).

Laurent Mathieu avec Grégoire Ryckmans

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