L'Ecosse interdit la fessée aux enfants, quid du reste de l'Europe ?

Suppression des châtiments corporels
Suppression des châtiments corporels - © LOIC VENANCE - AFP

Les députés écossais ont adopté ce jeudi une loi pour interdire la fessée, faisant de l’Ecosse la première nation du Royaume-Uni à ériger en infraction pénale les punitions corporelles à l’encontre des enfants. Cette loi entrera en vigueur d’ici 12 mois, après avoir été approuvée par la reine Elizabeth II.

Jusqu’à maintenant, les parents ou les personnes ayant à leur charge des enfants étaient autorisés à faire usage de force physique "raisonnable" pour éduquer leurs enfants.

Jeudi, 84 députés contre 29 ont voté pour que cela change, malgré les 57% d’adultes résidant en Ecosse qui y étaient opposés, selon un sondage YouGov réalisé sur un échantillon de 1546 personnes.

"Je suis absolument ravi que le Parlement écossais ait franchi cette historique et courageuse étape", a déclaré le député du parti vert écossais John Finnie, qui a porté la proposition de loi.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, cheffe du parti indépendantiste écossais SNP, a tweeté que les enfants allaient désormais bénéficier de "la même protection que les adultes contre les agressions".


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Ce vote intervient une trentaine d’années après la suppression des châtiments corporels dans les écoles publiques britanniques.

La Suède Pionnière, la Belgique mauvaise élève

La Suède a été le premier pays au monde à interdire la fessée à la maison en 1979, suivie de près par les autres pays scandinaves. A ce jour, plus d’une cinquantaine de pays dans le monde ont suivi l’exemple.

Nos voisins français, après de longs débats au sein de l’Assemblée nationale, ont fini par l’abolir définitivement en juillet 2019 au même titre que les autres "violences éducatives ordinaires". Plus récemment, c’est la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud qui a interdit en septembre 2019 aux parents le recours à la fessée ou aux châtiments corporels "raisonnables" contre leurs enfants dans l’intimité de leur foyer, estimant que ces pratiques violaient leurs droits.

En Belgique, la loi interdit toute forme de violence vis-à-vis des enfants, sans toutefois mentionner la fessée. Il est également interdit au corps enseignant ainsi qu’à toutes les personnes qui travaillent en contact avec des enfants de les frapper.

Pour Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant, la Belgique doit emboîter le pas aux autres pays européens sur la question. "Nous ne souhaitons pas que des adultes ayant donné une fessée aillent en prison mais nous voulons simplement un signal clair. C’est interdit. En conséquence de quoi, il faut que l’Etat s’engage à développer des campagnes de sensibilisation et de promotion d’autres manières d’éduquer".

La fessée reste donc toujours autorisée et malgré des propositions de lois déposées, aucune législation ne concerne directement les parents. La Belgique est donc l’un des "mauvais élèves" européens comme l’explique l’ONG GIAECPC qui considère que la société belge est encore trop tolérante envers les châtiments corporels.

Journal télévisé 30/11/2018

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