Un premier oeuf de faucon pèlerin a éclos à Saints-Michel et Gudule, déjà quatre petits à Uccle

C’est la saison, c’est même une habitude mais en ce moment, voilà une nouvelle qui fait du bien. Les naissances s’enchaînent chez les faucons pèlerins de Bruxelles. Avant de tout vous expliquer, voici déjà une petite vidéo bonne pour le moral. Cela se passe ce dimanche matin 19 avril à l’église Saint-Job à Uccle.

Presque plus besoin de les présenter tant ils font désormais partie de la vie de la ville. Nichés au sommet de la cathédrale des Saints Michel et Gudule de Bruxelles, des maisons communales de Woluwe-Saint-Pierre et de Saint-Gilles ou encore dans le clocher de l’église Saint-Job à Uccle.

Au total, environ 14 couples de faucons ont choisi les bâtiments de la capitale comme site de reproduction plutôt que les falaises rocheuses d’autres contrées. Didier Vangeluwe, ornithologue responsable du programme Faucons pour tous de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique explique : "C’est une densité fort importante. Bruxelles est probablement la ville qui compte le nombre de couples de faucons pèlerins le plus important. Et ils sont tous arrivés ici de manière naturelle."

Dans toute la Belgique, on compte près de 200 couples de faucons pèlerins. C’est beaucoup, lorsque l’on sait que dans les années 80, cet animal avait complètement disparu du pays et de quasi toute l’Europe. A Bruxelles, où le programme d’observation des faucons en est à sa quinzième année, grâce aux caméras installées dans trois nichoirs de la région, chacun peut observer en direct la vie des faucons (sur le site www.fauconspourtous.be).

Vu les circonstances particulières cette année, il n’a pas été possible d’installer de poste d’observation pour les visiteurs, de même que le recensement précis de tous les lieux de nidification, du nombre d’œufs et de leur évolution n’a pas été possible.

Mais pas de quoi perturber les faucons, puisque pour eux, la vie se déroule comme les autres années avec déjà quelques naissances à annoncer.

Premiers pépiements à la cathédrale des Saints Michel et Gudule

C’est un signe qui ne trompe pas, ce dimanche matin 19 avril, les caméras ont capté des pépiements et un petit trou est visible dans un des quatre œufs couvés par la femelle. 

Début de soirée, vers 18h dimanche, un petit mouvement de la femelle a permis de voir que le premier œuf était totalement éclos. Généralement les naissances ne prennent que quelques heures. Elles commencent par l’éclosion de trois œufs d’abord et dans les 48 heures, du dernier. 

Ces naissances sont un peu plus spéciales qu’ailleurs, puisque la cathédrale des Saints Michel et Gudule était restée vide l’an dernier, le couple s’étant contenté de repérer les lieux sans y installer son nid.

Et puis, le lieu est "chargé d’histoires" à plus d’un titre… C'est là que l'on a observé pour la première fois en 2004 le retour du faucon pèlerin en Belgique.

Enfin, la femelle qui occupait l'endroit précédemment (entre 2006 et 2018) y a fait naître par moins de 46 fauconneaux.

A Uccle, on s’emplume

Dans le clocher de l’église Saint-Job d’Uccle, les fauconneaux sont nés dès le 13 avril en soirée (un lundi de Pâques). Tous les œufs ont bien éclos, ce qui fait donc un total de quatre petits. 

Depuis leur naissance, les fauconneaux occupent leur journée à manger (et ils ont bon appétit puisqu’ils sont nourris toute les 2-3 heures) et à dormir, souvent bien au chaud couvé par l’un de leur parent. A cet âge, ils sont sensibles à la température et ne peuvent rester découverts que quelques minutes.

A Woluwe-Saint-Pierre et Saint-Gilles, c’est l’attente

On l’a dit, environ quatorze nids sont installés en région bruxelloise. Sur la maison communale de Woluwe-Saint-Pierre, les caméras montrent qu’il n’y a pas encore de signe éclosion.

Tout comme à la maison communale de Saint-Gilles. Là, les faucons sont présents depuis quelques années mais n’ont jamais donné naissance à des fauconneaux, comme l’explique l’échevin Thierry Van Campenhout, passionné d’oiseaux : "Un jour j’ai vu des faucons autour de la maison communale. L’endroit leur servait de table de pique-nique et de poste observation mais ils ne restaient pas. Je me suis renseigné auprès de Didier Vangeluwe et nous avons installé un nichoir en haut de la tour. Alors, le couple s’est installé, c’était en 2017. La première année, il n’y avait que deux œufs qui n’ont rien donné. En 2018 et 19, il y avait quatre œufs qui n’ont pas éclos. Probablement parce que le mâle se partageait deux nids et donc n’aidait pas assez la femelle à couver ici."

Cette année, la femelle couve à nouveau quatre oeufs, et toute la commune est pleine d’espoir.

Envol prévu dans 6 semaines mais pas pour aller trop loin

Les fauconneaux devraient rester six semaines dans leur nid, le temps de grandir et surtout apprendre à voler.

Avant leur départ, ils seront aussi bagués par l’équipe de l’Institut des Sciences naturelles afin de pouvoir suivre leur parcours et mieux les connaître.

C’est grâce à cela qu’on sait par exemple que la femelle de la cathédrale Saints Michel et Gudule vient d’Allemagne, alors que le mâle est un ket de Bruxelles puisqu'il est né à Anderlecht.

"Grâce aux bagues et aux balises GPS, on voit que les faucons sont plutôt sédentaires. Nous avons aussi observé de grandes différences entre les mâles et les femelles. Les femelles ont tendance à partir un peu plus loin, alors que les mâles ne font que quelques kilomètres après avoir quitté le nid. On en déduit que c’est pour permettre un brassage génétique " explique l’ornithologue Didier Vangeluwe.

Si la naissance de ces fauconneaux fait désormais partie des traditions bruxelloises, cela reste chaque année une expérience riche, témoignage du cycle de la nature.

L’ornithologue Didier Vangeluwe précise aussi : '"Cela nous rappelle que les hommes peuvent avoir un impact positif sur la nature puisque ces animaux avaient complètement disparu à cause des pesticides et de la chasse et que ce sont les changements de comportements humains qui ont permis leur retour".

 

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