L'avocat britannique Karim Khan sera le prochain procureur général se la CPI

Elu prochain procureur général à la Cour pénale internationale (CPI), l'avocat britannique Karim Khan s'est forgé en 28 ans de barreau une solide réputation devant les juridictions internationales, en intervenant de tous les côtés du prétoire. Agé de 50 ans, il succèdera le 16 juin à la Gambienne Fatou Bensouda.

Karim Khan est intervenu du côté de la défense dans de nombreux procès devant la CPI, notamment pour le fils de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam.

Spécialiste des droits humains, Karim Khan est actuellement sous-secrétaire général des Nations Unies, où il a été chargé de diriger l'enquête spéciale de l'ONU sur les crimes du groupe jihadiste Etat islamique.

Après avoir fait ses études dans un école privée anglaise puis au King's College de Londres, il commence sa carrière comme représentant de l'accusation devant la justice britannique.

Karim Khan fait ses premières armes dans les juridictions internationales à partir de 1997, en tant que conseiller juridique au bureau des procureurs des tribunaux internationaux des Nations unies pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda.

"Faire œuvre de justice"

Puis de l'accusation il passe à la défense, où il a entre autres représenté le vice-président kényan William Ruto devant la CPI, contre lequel les poursuites ont finalement été abandonnées en 2016, sur fond de soupçons de subornation de témoins.

Aujourd'hui encore, des ONG lui reprochent son silence après la disparition d'un témoin clé de la défense dans cette affaire en 2014. En réponse, il a récemment dans une lettre ouverte assuré qu'il avait fait tout son possible pour que ce témoin soit protégé et que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

"En presque 30 ans de barreau, mon comportement professionnel et mon éthique n'ont jamais été mis en cause ou critiqué par aucun juge, dans aucun tribunal dans aucune juridiction", s'est-il défendu, dénonçant une attaque dans le processus de l'élection du chef des poursuites à la CPI.

Karim Khan est aussi intervenu du côté des parties civiles au Cambodge pour les victimes au procès du tortionnaire du régime khmer rouge "Douch", mais aussi dans des dossiers en Albanie ou au Kenya.

En défense, Karim Khan est intervenu au Tribunal spécial pour le Liban basé à La Haye, créé pour traduire en justice les assassins de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005 et pour l'ex-président libérien Charles Taylor devant un tribunal spécial pour la Sierra Leone.

Lors de ce procès, quittant la salle d'audience alors que Charles Taylor refusait de comparaître car il s'estimait privé du droit à un procès équitable, en 2007, l'avocat se voit accusé par la présidente de "friser l'outrage à la Cour".

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