L'avenir du transport maritime passera-t-il par la navigation à voile?

En France, des entrepreneurs ont eu l'idée d'utiliser le vent comme alternative à la pollution. Ils développent des navires pour la marine marchande, qui n'ont pas besoin de carburant pour avancer. Ces bateaux utilisent exclusivement la force du vent. Ils pourront transporter à terme des chariots élévateurs, des croisiéristes et même des fusées. Une idée qui pourrait inspirer chercheurs et investisseurs du monde entier.

Ces Français ont fait le pari de l'éolien. Leur projet : des navires capables d'avancer, de transporter des marchandises ou des passagers, uniquement à la force du vent. "Aujourd'hui on a des technologies qui sont plus efficientes, complètement automatisées. En appuyant sur un bouton on arrive à maîtriser des milliers de mètres carrés de voilure. Et on est beaucoup moins pris au dépourvu par rapport à la météo", explique Nils Joyeux, cofondateur de "Zéphyr et Borée". Les concepteurs l'affirment : leur prototype, pour l'instant en 3D, consommera minimum un tiers de carburant en moins. Et, quand on sait qu'un cargo brûle 30 à 40 tonnes de fuel par jour, cela fait réfléchir. 

L'idée est donc de réaliser un navire peu impactant pour l'environnement, tout en apportant un vrai service logistique adapté aux industries, de leur permettre de transporter des marchandises que les très gros navires n'arrivent pas à transporter. "Ces navires vont permettre d'économiser entre 80 et 90% de la consommation de fuel. Donc c'est beaucoup moins d'émission de CO2, plus d'émission soufrée (parce que nous n'utiliserons pas de fuel lourd), plus d'émission azotée. Et beaucoup moins de risque de pollution maritime puisqu'on embarquera très peu d'hydrocarbure à bord", selon Jean Zanuttini, directeur général de Neoline.

Ces deux entrepreneurs français viennent de se voir confier la réalisation d'un cargo équipé d'ailes rectangulaires, capable d'emmener des éléments de la fusée Ariane depuis l'Europe vers la Guyane.

Croisières

Les développements sont multiples, notamment dans le secteur des Croisières en pleine expansion mais souvent critiqué pour sa forte consommation de carburant. "En mer Baltique par exemple, depuis presque une dizaine d'années, on a imposé des navires qui sont moins polluants que dans les autres parties du monde. Cette logique va aller en se durcissant et sans doute que demain, dans des endroits comme la Corse, ne seront admis que des bateaux très respectueux de l'environnement", explique Nicolas Abiven, responsable du développement de "Solid Sail".

Le premier navire-éolien fera 136 mètres de long, il devrait être mis en service en 2021.

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