L'avenir des maisons de retraite : un marché juteux

L'avenir des maisons de repos
L'avenir des maisons de repos - © RTBF

Il s’agit d’un véritable boom immobilier : la population vieillit et les constructions de maisons de repos ont la cote. Ce marché prometteur n’a manifestement pas échappé aux investisseurs privés, car l'avenir s'annonce peu glorieux du côté du secteur public.

L’un des grands enjeux du siècle à venir est l'accueil des personnes âgées dépendantes. Aujourd'hui en Belgique, 133.000 personnes vivent en maison de retraite et on estime qu'il faudra 5000 places de plus d’ici 2014. Cette situation est la conséquence d'une espérance de vie de plus en plus longue. Le démographe Claude-Michel Loriaux s’en explique : "on doit s’attendre, d’ici quelques décennies, à ce que le pourcentage de personnes très âgées (de plus de 80 ans), soit multiplié par un coefficient élevé de trois, quatre voire cinq".

Un marché juteux

La demande augmente, et les maisons de repos poussent comme des champignons, car les investisseurs ont flairé la bonne affaire. En Wallonie, à côté des maisons de retraite publiques ou à but non-lucratif (qui représentent chacune 25% du marché), la moitié sont déjà aux mains de groupes privés, et ce chiffre est en constante augmentation.

Louer des chambres en maison de repos est bien plus sûr pour les investisseurs que louer des bureaux. Le bail est de 27 ans et le réservoir de locataires semble inépuisable. L’administrateur délégué de la Sicafi Aedifica, Stefaan Gielens, confirme que le potentiel d’investissement immobilier dans ce secteur est énorme. Il précise qu’"un bureau d’études a chiffré que 180.000 lits seraient nécessaires dans les 40 ans à venir, ce qui représente un besoin d’investissements de presque 15 milliards d’euros". Ces investissements sont, qui plus est, vite rentabilisés car ces chambres sont louées au prix de 40 euros par jour.

L'avenir ne s'annonce pas rose 

Les listes d'attente s'allongent et les autorités rechignent à ouvrir de nouvelles places car un lit n'est financé que pour moitié par le résident. L’autre moitié est payée par l'assurance-maladie, pour un coût de 2 milliards d'euros par an pour l’Etat. Voilà qui aura bien du mal à s’arranger car plus on ouvre de lits, plus l'Etat devra payer. Et comme les places se font rares, elles nous coûteront de plus en plus cher.

Un problème politique

Vincent Frédéricq de la Fédération des maisons de repos privées explique que ce problème va se poser de manière plus criante à l’avenir, "à moins que", dit-il, "le fédéral, tant qu’il restera tel quel, dégage les budgets nécessaires, et à moins que les régions ne chargent pas trop la barque des normes d’agrément qui deviennent de plus en plus lourdes avec pour conséquence une augmentation des prix très significative".

La compétence des maisons de repos pourrait donc bientôt passer du fédéral aux régions et communautés.  Dans ce cas, mieux vaudra finir ses jours dans une région riche qui pourra encore se payer le luxe de ces maisons de fin de vie.

I.L. avec Alexandre Mitea

 

 

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