L'astronaute Christina Koch bat le record du plus long séjour dans l'espace pour une femme

Après 328 jours dans l’espace, c’est le retour sur Terre pour Christina Koch. Cette astronaute américaine de la NASA, de 41 ans, vient de passer près de 11 mois à bord de l’ISS, la Station spatiale internationale pour récolter des données pour les futures explorations de la lune et de Mars. Elle détient désormais le record du plus long séjour dans l’espace pour une femme !

328 jours en orbite pour une femme, c’est historique

Christina Koch a aussi réalisé 3 sorties historiques dans l’espace avec sa collègue Jessica Meir. Car c’était la première mission réalisée par deux femmes. "Quand on a reçu le feu vert, qu’on est sorties de la station, on s’est regardé dans les yeux et on savait que c’était un moment qu’on n’oublierait jamais", explique Christina.

L’astronaute a embarqué le 14 mars 2019 et rentre, ce jeudi, sur terre, soit après 328 jours, près de 11 mois dans l’espace, un record pour une femme. La Nasa va donc pouvoir analyser les données récoltées par l’astronaute, ingénieure de formation. Ce qui intéresse les scientifiques, c’est de comprendre comment le corps humain réagit à l’absence ou presque de gravité, au rayonnement cosmique, à l’isolement et au stress pour une mission de longue durée comme ce sera le cas vers Mars ou la Lune.

Des données féminines précieuses pour les futurs voyages vers Mars

Sarah Baatout, responsable du service de Radiobiologie au CEN, le centre d’étude nucléaire de Mol nous explique : "Les hommes et les femmes réagissent différemment aux conditions spatiales. Les femmes sont, par exemple, plus sensibles à l’intolérance orthostatique. C’est-à-dire quand on passe d’une position allongée à une position verticale, cela peut provoquer, chez elles, des changements de fréquence cardiaque et une tachycardie. En revanche, elles développent moins de pierres aux reins que leurs collègues masculins. Elles semblent aussi avoir un système immunitaire qui fonctionne mieux qu’eux, dans l’espace."

Le rayonnement cosmique nocif pour les yeux et les seins chez les femmes

Pour le moment, notre scientifique du CEN travaille sur la préparation des futurs astronautes qui feront des voyages de très longue durée vers la Lune et vers Mars : "Le rayonnement cosmique par exemple est responsable de problèmes à long terme aux os, au cœur, estomac et système gastro-intestinal. Chez les femmes, ce sont les yeux et les seins qui sont particulièrement sensibles à ces rayonnements" nous glisse Sarah Baatout.

Ce n’est pas tout, les muscles souffrent et les os ont tendance à fondre. En l’absence de la force de gravité, les cellules musculaires et osseuses ne se renouvellent pas, ce qui accélère l’ostéoporose. A noter, qu’apparemment si les femmes sont plus touchées, sur terre, par l’ostéoporose lors de la ménopause. Dans l’espace, homme et femme sont égaux devant le phénomène.

Séjourner plusieurs mois dans l’espace, cela fait vieillir

Pour ces futurs longs voyages de plusieurs mois dans l’espace, il faudra sans doute développer une médecine plus personnalisée et plus précise. Il s’agira de vérifier, chez chaque astronaute, en partance pour Mars ou la Lune, le risque de développer une maladie à cause d’une hypersensibilité au rayonnement cosmique. Pour lui déconseiller ou pas de multiplier les sorties à l’extérieur de la plateforme ou du village lunaire voire martien.

Séjourner dans l’espace fait vieillir plus vite certaines parties de notre corps comme la peau, les os, les muscles. Avant son départ, Christina Koch comme tous les astronautes de l’ISS a subi un prélèvement de sang, elle en subira un autre, au retour. De quoi permettre aux équipes scientifiques d’évaluer entre autres, les dégâts au niveau de l’ADN et de la façon dont ils ont été réparés.

Christina Koch et son record de longévité dans l’espace seront donc une mine de données pour tous les scientifiques qui préparent activement le grand saut humain vers la planète rouge.

Archives : Journal télévisé 18/10/2019