L'arrivée des poupées sexuelles tarifées 2.0

On connaissait les maisons closes traditionnelles, voici désormais la version 2.0. Fini les prostituées, elles sont remplacées par des poupées. Solution à la misère sexuelle des uns, incitation au viol pour les autres, elles font débat en France. Et elles arrivent aussi en Belgique.

La première maison de poupées sexuelles en Belgique

Fabrice nous fixe rendez-vous en périphérie bruxelloise. Le lieu est tenu secret jusqu’au dernier moment. L’entrée est comparable aux maisons closes "classiques" : lumière tamisée, néons rouges, décoration minimaliste. Une poupée est assise à l’entrée.

"Elle, c’est Gabriëlla, c’est le modèle le plus populaire. Elle fait un mètre septante-cinq, elle a un bonnet D, elle est jolie, elle ne discute pas, elle ne dit jamais non" explique Fabrice qui a tout plaqué pour se lancer dans ce business.

Car on parle bien d’argent, de beaucoup d’argent. Ses poupées sont louées 50 euros la demi-heure ou 80 euros l'heure.

Tête, couleur de peau, des yeux, ou encore type de cheveux, toutes les poupées sont personnalisables… dans son garage. Entre sa moto et sa voiture, c'est là aussi que Fabrice assure le nettoyage de ces squelettes de métal recouverts de silicone.

Le sujet fait débat au conseil de Paris

En France, les maisons closes sont interdites depuis 72 ans. Mais Joachim Lousquy vient pourtant d'ouvrir la première maison close de poupées du pays:  "Pour une poupée, il faut compter plusieurs milliers d’euros. Avec les options, cela peut-même s’envoler. "

Ces maisons closes "nouvelle génération" symbolisent en tous cas l’évolution des comportements sexuels. Mais elles ne plaisent pas à tout le monde.  "J’y vois une avancée vers l’acceptation du retour des maisons closes. J’y vois une exploitation de la misère sexuelle que vivent certains hommes " explique Hervé Bégué, conseiller de Paris.

"La lutte contre la misère sexuelle est un vrai sujet dans les grandes villes. Et je pense que cette activité peut aussi avoir un rôle social" rétorque Alexandre Vesperini, autre conseiller de Paris.

Le 22 mars dernier, l’exécutif parisien a voté pour le maintien de l’établissement. Du moins pour le moment. Car des associations se mobilisent comme le collectif national pour le droit des femmes :  "On estime que ce type d’établissement promeut la culture du viol et la simulation du viol qui est manifestement contraire au principe de la dignité " argumente Lorraine Questiaux, membre du collectif.  "L’objectif est lucratif avant tout mais si je peux répondre à une certaine misère sexuelle, j’en serais ravi " lui répond Joachim Lousquy.

Joachim et Fabrice accueilleront bientôt tous les deux une poupée homme. Et souhaitent ouvrir d'autres établissements car le business est réel. Les nouvelles technologies liées au sexe du futur représentent un marché de près 25 milliards d'euros dans le monde.

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