L'analyse des eaux usées permet-elle de suivre l'évolution du coronavirus?

Le covid-19 est détectable dans les selles avant même l’apparition des symptômes chez la personne. Patrick Kestemont, directeur de l’unité de recherche en biologie environnementale et évolutive de l’université de Namur, explique ce que l'analyse des eaux usées permet de révéler.

Le scientifique indique qu'une nouvelle technique appelée ADN environnemental permet de suivre à la trace de nombreuses choses: "Ces techniques se basent sur la détection de traces d’ADN et ça peut être non seulement pour le coronavirus, mais aussi pour toute une série d’autres virus, de bactéries, de n’importe quel organisme dont on peut retrouver le code-barre génétique."

Échelle infinitésimale

Les stations d'épuration sont l'endroit idéal pour analyser les eaux usées, mais elles ne peuvent pas traiter n'importe quelle molécule. "Elles ont été conçues pour diminuer les concentrations en azote, en phosphore, en carbone qui sont relâchées dans les rivières, et donc éviter ce qu’on appelle les pollutions organiques", poursuit Patrick Kestemont. 


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Qu'il s'agisse de virus ou d’autres molécules, l'échelle est infinitésimale. Le directeur de recherche de l’université de Namur explique: "On parle beaucoup des perturbateurs endocriniens, et il y a aussi des molécules pharmaceutiques. Celles-là sont présentes et peuvent agir à des concentrations extrêmement faibles, beaucoup plus faibles que ce qu’on va retrouver évidemment en carbone, azote ou phosphore. Et là, les stations d’épuration n’ont pas été conçues pour ça."

Détection de virus

Si on veut étudier et connaître l’impact que de résidus peuvent avoir sur la santé de l’environnement et sur la santé de l’homme, il est important d’être capable de détecter leur présence.


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Patrick Kestemont conclut : "N’oublions pas que l’eau que nous buvons provient soit des nappes phréatiques, jusqu’à présent extrêmement peu touchées par la présence de ces résidus de médicaments, mais la Ville de Bruxelles est largement alimentée par de l’eau prélevée dans la Meuse, en amont de Namur. Il faut donc évidemment être certain que cette eau de distribution ne contient aucun résidu de médicaments, d’hormones ou éventuellement de présence de virus."

Journal télévisé 09/07/2020

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