L'amour maternel, essentiel à la bonne santé mentale

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Couper le cordon ? Oui, mais pas trop tôt. Selon une nouvelle étude, un manque d'amour maternel pourrait développer un stress imprimé dans les gènes et déréguler le bon fonctionnement du cerveau.

Démontrée sur le rat, cette découverte pourrait expliquer les prédispositions de certaines personnes à des maladies neurologiques (comme la schizophrénie ou la maladie de Parkinson). En effet, d'après les travaux d'une équipe de l'université McGill à Montréal, le cerveau enregistre et se construit en fonction des événements qui l'entourent dès les premiers moments de la vie.

Pour le prouver, différentes femelles rats spécialement élevées ont été sélectionnées. Certaines avaient un instinct maternel excessivement protecteur envers leur progéniture, alors que d'autres s'occupaient à peine de leurs petits. Les ratons des premières ont donc eu un contact privilégié avec leur mère, alors que les autres ont souffert d'un manque d'affection maternelle.

Bien que le manque affectif n'ait duré que quelque temps après la naissance, les modifications d'expression sur le gène nommé GAD1 se conservent jusqu'à l'âge adulte, affectant le fonctionnement du cerveau à long terme. Il s'agit de la première mise en évidence d'un lien entre le manque d'affection maternelle et la variation de l'expression d'un gène connu pour être lié à des maladies humaines majeures.

Si l'expérience a été réalisée sur des animaux, des rapprochements peuvent être faits avec notre espèce. Le rapport mère-enfant est déjà connu pour être particulier chez l'humain. Chez les psychologues, l'enfance laisse des traces indélébiles et façonne les adultes que nous devenons. C'est désormais aussi l'avis des neurologistes, qui s'intéressent de plus en plus aux conséquences de l'amour sur le développement du cerveau.

Conclusion : mieux vaut couver ses petits qu'une maladie.

 

Virginie Guennec

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