L'ambassade d'Arabie Saoudite attaquée et incendiée à Téhéran

A Sanaa au Yémen, un manifestant brandit le portrait du dignitaire religieux chiite saoudien Nimr Baqer al-Nimr le 18 octobre 2014
A Sanaa au Yémen, un manifestant brandit le portrait du dignitaire religieux chiite saoudien Nimr Baqer al-Nimr le 18 octobre 2014 - © MOHAMMED HUWAIS

L'ambassade d'Arabie Saoudite à Téhéran a été attaquée et incendiée samedi soir par des manifestants en colère après l'exécution du dignitaire religieux chiite saoudien Nimr Baqer al-Nimr, a rapporté l'agence Isna.

Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov contre l'ambassade et ont pu pénétrer à l'intérieur de l'enceinte diplomatique avant d'en être évacués par la police, a rapporté l'agence.

"Des flammes s'élèvent à l'intérieur de l'ambassade", rapporte l'agence, qui ajoute que des manifestants avaient réussi à monter sur le toit de l'ambassade.

"Le feu a détruit l'intérieur de l'ambassade", a déclaré à l'AFP un témoin sur place. "La police est omniprésente et a dispersé les manifestants, dont certains ont été arrêtés", a-t-il ajouté.

Sur des photos publiés par certains sites, on peut même voir des manifestants tenir ce qui semble être le drapeau saoudien, qui aurait été retiré.

A Machhad, seconde ville du pays située dans le nord-est, des manifestants ont également attaqué et incendié le consulat saoudien, selon des sites d'information qui ont publié des photos.

A la suite de ces incidents, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hossein Jaber Ansari, a demandé à la police diplomatique de protéger les enceintes diplomatiques.

M. Jaber Ansari, "tout en condamnant de nouveau l'exécution injuste du dignitaire religieux Nimr al-Nimr, a demandé la protection des représentations diplomatiques de l'Arabie Saoudite à Téhéran et à Machhad (...) et a demandé à la police d'empêcher toute manifestation devant ces lieux", ont rapporté les médias iraniens.

D'importantes forces de police sont intervenues à Téhéran et à Machhad pour reprendre la situation en main et faire sortir les manifestants.

A Téhéran, le quartier de l'ambassade était totalement bouclé après minuit et les policiers empêchaient les gens de se rapprocher de la représentation diplomatique, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'Iran a vigoureusement condamné l'exécution du dignitaire religieux saoudien et affirmé que le gouvernement saoudien allait payer un "prix élevé" pour cet acte.


AFP
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