L'aïeul de l'Homo sapiens avait déjà une bonne tête

 L'aïeul de l'Homo sapiens avait déjà une bonne tête
3 images
 L'aïeul de l'Homo sapiens avait déjà une bonne tête - © Tous droits réservés

C’est en tout cas le CNRS qui le dit : voici 300.000 ans, le plus vieil aïeul commun à tous les Homo sapiens avait un crâne étonnamment moderne.

Cette découverte est le résultat d’une modélisation réalisée par Aurélien Mounier, chercheur au laboratoire Histoire naturelle de l’Homme préhistorique (CNRS), et Marta Mirazón Lahr, professeure à l’Université de Cambridge (Royaume-Uni).

La comparaison de ce crâne virtuel avec ceux de cinq fossiles africains (bien réels ceux-là) contemporains de l’apparition d’Homo sapiens, suggère qu’un mélange de populations sud-africaines et d’Afrique de l’Est aurait donné naissance à notre espèce. Leur étude est publiée ce 10 décembre dans Nature Communications.

Créer des fossiles virtuels

Notre espèce Homo sapiens est apparue en Afrique il y a environ 300.000 ans. Mais où et comment ? Les fossiles africains de moins de 500.000 ans connus à ce jour étant peu nombreux, il manquait des pièces au puzzle de l’histoire de notre espèce. Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont donc voulu augmenter le nombre de fossiles disponibles en créant des " fossiles virtuels".

Pour cela, ils ont mesuré, sous toutes les coutures, 263 crânes fossiles et modernes d’hominidés (correspondant à 29 populations), de manière à pouvoir les modéliser en trois dimensions.

La forme crânienne probable du dernier ancêtre commun

Les chercheurs ont montré qu’il existe une correspondance forte entre les formes crâniennes moyennes de chacune des 29 populations et la position de celles-ci dans un arbre de parenté basé sur des données essentiellement génétiques. Cette bonne correspondance a permis de calculer quelle était la forme crânienne probable du dernier ancêtre commun à tous les Homo sapiens. Les traits de ce fossile virtuel, dont l’âge théorique serait 300.000 ans, apparaissent relativement modernes : avec sa boîte crânienne arrondie, son front relativement haut, des bourrelets sus-orbitaires peu marqués et une face peu projetée vers l’avant, sa morphologie est proche de certains fossiles datés de seulement 100.000 ans.

Les chercheurs ont comparé leur fossile virtuel à cinq de ses contemporains bien réels – des crânes d’Homo africains fossiles, âgés de 130.000 à 350.000 à ans et parfois considérés comme faisant partie de nos ancêtres.

La deuxième sortie était la bonne

Ce qui suggère aux scientifiques que notre espèce serait née de l’hybridation de populations du sud et de l’est de l’Afrique. Des populations nord-africaines, se seraient mélangées aux Néandertaliens à la suite de migrations vers l’Europe.

Cette étude soutient l’hypothèse selon laquelle, suite à une première sortie d’Afrique qui n’a laissé de traces qu’en Océanie, une deuxième aurait permis à Homo sapiens de peupler successivement l’Europe, l’Asie, et enfin l’Amérique.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK