L'Aïd el-Kebir, une fête avec une "charge émotionnelle très forte" marquée cette année par le Covid-19

Les musulmans du monde entier célèbrent aujourd’hui l’Aïd el-Adha, la fête du sacrifice aussi appelée Aïd el-Kebir. Un jour important pour la communauté musulmane, marqué cette année par la crise sanitaire. Il n’y aura pas de rassemblements dans les mosquées pour la prière et le pèlerinage à la Mecque, l’un des 5 piliers de l’Islam, n’est accessible qu’à une petite minorité de personnes.

 

Hafida Hammouti, enseignante de religion islamique et cofondatrice de la Coordination des Enseignants de Religion Islamique (CERI), était ce vendredi l’invitée de Matin Première pour expliquer le sens de ce moment clé pour l’islam. "C’est une fête qui commémore le jour où Abraham accepte de sacrifier son fils Ismaël", explique-t-elle. L’enfant sera finalement sauvé et c’est un mouton qui servira d’offrande à la place.

Cette fête change de date chaque année. Et pour cause : "Dans le calendrier musulman, qui suit le calendrier lunaire, nous avons dix jours en moins [que le calendrier grégorien] chaque année." La foi musulmane est donc rythmée par "des moments de recueillement festifs ou spirituels qui traversent les quatre saisons à un moment donné".

Une fête marquée par le coronavirus

Mais l’année 2020 ne sera pas comme les autres, la faute à l’épidémie de Covid-19. "Les conditions sanitaires ont fortement limité le nombre de personne dans les endroits publics, rappelle Hafida Hammouti. Les mosquées ont décidé de ne pas organiser la prière du matin de manière présentielle." Celle-ci se fera le plus souvent via les réseaux sociaux par caméra interposée. A regret puisque l’Aïd revêt une "charge émotionnelle très forte".

Hafida Hammouti salue le choix "difficile mais responsable" des responsables de mosquées de ne pas rassembler de nombreux fidèles dans les lieux de culte. Et ce même si les rassemblements de 100 personnes sont toujours autorisés à condition de respecter la distance entre les participants et de porter un masque. "La réalité de ces fêtes, c’est que beaucoup plus de gens se présentent. Fermer les portes de la mosquée, dans un jour festif comme celui-là, pourrait frustrer une partie de la population."

Interrogée sur l’absence de femme imam en Belgique, contrairement à la France ou au Danemark par exemple, Hafida Hammouti renvoie la balle vers les responsables de mosquées et l’exécutif des musulmans de Belgique. Tout en concédant que "le poids des traditions est peut-être encore un peu plus lourd en Belgique".

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