L'agence de contrôle nucléaire accorde un sursis de six mois à Engie Electrabel

L'agence de contrôle réclame à Engie Electrabel des ajustements aux règles de sécurité des documents stratégiques.
L'agence de contrôle réclame à Engie Electrabel des ajustements aux règles de sécurité des documents stratégiques. - © ERIC LALMAND - BELGA

L'exploitant des sept réacteurs nucléaires belges n'a pas reçu l'agrément de sécurité de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Il a donc six mois pour se conformer à toutes les règles en matière de sécurité.

Ce que l'AFCN reproche à Engie Electrabel ? Que les données, les documents liés à la sécurité des centrales nucléaires ne sont pas suffisamment protégés.

Récemment, une dizaine d'individus se sont fait confisquer leur badges d'accès à une centrale. Le problème était et reste posé dans certains cas: quelle personne accréditer pour entrer dans quelle zone?

Une centrale fait aussi appel à des sous-traitants: des sous-traitants en visite ou qui sont en contact par courriel. Forcément, des documents circulent, y compris sur le darknet, ce réseau anonyme et discret, plus difficile d'accès.

Depuis un mois et demi, deux organismes publics mènent une enquête sur le cheminement de ces documents. L'agence fédérale de contrôle nucléaire et le centre pour la cybersécurité recherchent au surplus les moyens pour éviter toute autre propagation. En bout de course, il revient à l'exploitant de présenter des garanties suffisantes de sécurité.

Engie Electrabel avait assuré début octobre que tout était sous contrôle, qu'en aucun cas, la sécurité même des centrales n'était menacée.

Des tests positifs

Aujourd'hui, l'exploitant renvoie à la réponse du début du mois d'octobre, lorsqu'il est apparu, selon nos collègues de Sud Presse, que le darknet véhiculait des documents apparemment classés confidentiels. "C'est à notre initiative qu'une analyse sur la sécurité des documents stratégiques a été menée". L'audit interne a dévoilé 26 "manquements fondamentaux", "mais aujourd'hui, tout est en règle", précisait Anne-Sophie Hugé le 5 octobre au nom de Engie Electrabel.

"Les centrales nucléaires belges ont été testées par rapport à cette question et répondent aux normes et elles ont été déclarées robustes aussi par rapport à la question de la cybersécurité".

L'Agence fédérale de contrôle nucléaire lui refuse pourtant l'agrément de sécurité en l'état actuel des systèmes de protection, mais lui accorde un sursis de six mois afin "de procéder à des ajustements" avant de prononcer des sanctions.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK