L'affaire René Magritte

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Ce n'est pas une info, le Musée Magritte ouvrira ses portes au public le mardi 2 juin. Qui était René Magritte ?

Une façon de le savoir est d'aller visiter dès le 2 juin, le nouveau Musée qui lui a été consacré au sein des Musées Royaux des Beaux-arts, et dont l'objectif est de présenter au public une part non négligeable de l'œuvre de René Magritte, environ 10% des 1800 œuvres répertoriées, peintures, gravures, dessins, affiches, et films. Une autre manière est de replonger dans les archives RTBF et de revoir les différents programmes qui lui ont été consacrés de son vivant, et après sa disparition.

Interview d'archive

En 1965, Jacques Goossens interviewait sur son plateau, un René Magritte tout auréolé de la fumée de sa cigarette (autres temps, autres mœurs), à l'occasion de la sortie de l'ouvrage "René Magritte", écrit par Patrick Waldberg.Cette interview ressuscite un personnage subversif, provocant, révolutionnaire, fidèle jusqu'au bout à la liberté de pensée du surréalisme.. Magritte n'élude aucune question, mais parfois ses réponses sibyllines sont assorties d'un coup d'oeil malicieux. Il raconte ses souvenirs d'enfance, la rencontre exceptionnelle avec le tableau de de Chirico "Le chant d'amour" qui décidera de sa manière de peindre et l'amènera à exécuter "Le jockey perdu", la première peinture qu'il estime valable. Magritte, le surréaliste, bannit toute explication symbolique de ses peintures, et s'il use d'une panoplie de "figures" récurrentes - grelots, tentures, rochers - il les "unit pour obtenir une image qui ne soit pas indifférente, inconnue autant que possible". Enfin, il s'amuse beaucoup du choc visuel et mental qu'il provoque lorsqu'il confronte objet et image comme dans le célébrissime "Ceci est une pipe".

En 1974, Christian Bussy réalisait avec Jean-Marie De Coninck, un documentaire intitulé simplement "Pour illustrer Magritte". Il invitait toute une série d'artistes surréalistes et d'amis de Magritte pour parler du maître du surréalisme belge. Parmi eux, Louis Scutenaire, et Marcel Mariën donnent leur point de vue sur l'homme comme sur l'œuvre, et saluent son côté révolutionnaire. Ces interviews sont entrecoupées d'extraits de films mettant Magritte et ses amis en scène, et de séquences "micro-trottoir" dans lesquelles  le public est invité à réagir en voyant le tableau "Ceci n'est pas une pipe".

Les souvenirs de Georgette 

En 1978, Georgette Magritte évoquait pour Christian Bussy, ses souvenirs de jeunesse avec René Magritte : la rencontre, les années difficiles, les relations avec les autres artistes, et notamment les surréalistes français. Elle trace un portrait peu connu et peut-être inattendu de René Magritte : "il avait l'air d'un fonctionnaire, d'un bourgeois.. Il aimait sa tranquillité avec ses amis, chez lui".  Déjà à cette époque, l'œuvre de Magritte subissait des utilisations détournées, publicitaires, poliques ou commerciales, et Georgette Magritte se sentait impuissante à empêcher le plagiat. Enfin, on parlait déjà d'un musée Magritte, d'une rue Magritte, et l'avis de Georgette sur ces deux projets est rempli de bon sens.

En 1982, une rétrospective "René Magritte et le surréalisme en Belgique" se tenait au Palais des Beaux-arts de Bruxelles. Christian Bussy en profita pour interviewer à nouveau les surréalistes belges présents, et avoir leur avis sur cette "récupération" d'un art révolutionnaire par l'institution du « musée ».

Le mot de la fin revenant à Georgette Magritte : "le surréalisme on l'a, ou on ne l'aura jamais !".

Les archives vidéo ont été rassemblées grâce à l'aide du Service Imadoc. 

(F.Brumagne)

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