L'adjudant des pompiers Alain Lecomte témoigne de son arrivée à Maelbeek le 22 mars

L'adjudant des pompiers Alain Lecomte témoigne de son arrivée à Maelbeek le 22 mars
L'adjudant des pompiers Alain Lecomte témoigne de son arrivée à Maelbeek le 22 mars - © Tous droits réservés

Le 22 mars nous a marqués : 32 personnes perdaient la vie, des centaines ont été blessées. Deux ans après, les secouristes aussi se souviennent, ce sont eux qui sont arrivés les premiers sur les lieux des attentats à Zaventem, à l’aéroport de Bruxelles-National, et à Maelbeek. Pompiers et ambulanciers ne s’attendaient sûrement pas à découvrir de telles scènes de chaos.

Alain Lecomte, adjudant des pompiers de Bruxelles, se souvient du moment où il a reçu un appel : "Nous sommes d’abord partis sur une intervention incendie et là nous avons rencontré un de nos officiers qui nous a dit immédiatement : 'il y a un gros problème sur Zaventem, il y a des explosions et il y a même des morts et des victimes'".

Leur première intervention étant bénigne, Alain Lecomte et ses collègues refont route vers leur poste "et tout d’un coup on reçoit un appel comme quoi il y a un attentat sur Maelbeek métro. Ils ne nous disent pas 'attentat', mais ils nous disent 'explosion suivie d’un incendie'".

Du jamais vu

L'adjudant est l'un des premiers à être descendus dans la station Maelbeek après l’explosion la rame de métro : "On remonte donc la rue de la Loi et on voit déjà un attroupement. Puis quand on arrive vraiment sur place et qu’il y a les camions, on s’arrête : c’est le chaos. Il y a 50 personnes sur le trottoir, ces gens sont très dignes : ils souffrent, mais ils ne crient pas, ils sont vraiment choqués." À cet instant, les pompiers réalisent "qu’il y a vraiment quelque chose de très grave qui est en train de se dérouler".

Les pompiers se scindent en deux équipes : "deux de mes collègues sont restés en surface, et nous avons directement pénétré avec deux binômes vers le lieu de l’intervention. Une équipe a accédé à la station par les escalators et l’autre équipe par les escaliers. Et là, c’était indescriptible".

La meilleure intervention pour la pire journée

L'adjudant s'est senti porté par la présence de son groupe, par le travail en équipes d'intervention : "À notre grande surprise, il y avait déjà d’autres équipes qui avaient pénétré par la chaussée d’Etterbeek, et ça, c’est un soulagement. On se dit qu’on n’est pas tout seul ici et qu’on va pouvoir gérer la situation au mieux".

Au milieu de l'horreur de la situation, Alain Lecomte trouve une part de lumière : "Je dois jeter mon chapeau, j’ai 40 ans de maison, mais j’ai rarement vu une intervention qui s’est déroulée aussi bien dans une situation aussi difficile, alors que c’est une intervention que les pompiers de Bruxelles n’avaient jamais rencontrée, ou même imaginée".

Une solidarité fantastique

Il ajoute qu'"il y a une solidarité au niveau des pompiers qui a été fantastique ce jour-là. Des gens étaient en cours à l’héliport, d'autres au repos, tout le monde a mis la main à la pâte. Ils ont fait un boulot fantastique, même en arrière, parce que, seuls, on ne peut réaliser une telle opération".

Pour l'adjudant des pompiers, il est difficile de tirer une leçon de cette journée noire, il sait "qu’il y a des commissions qui se sont mises en branle pour essayer d’améliorer leurs services mais ce sont des situations vraiment difficiles à prévoir. On ne sait pas où le terroriste va frapper, où l’incident va arriver, et donc il faut toujours prévoir l’impossible. On essaie donc toujours de faire au maximum".

Touchés psychologiquement et physiquement dans leur chair

En ce jour, Alain Lecomte repense "à toutes ces victimes et à mes collègues. J’ai un collègue qui n’a jamais repris le travail, d’autres sont touchés psychologiquement et physiquement dans leur chair. Pour l’anecdote, j’ai une personne de ma famille qui était dans la rame de métro et qui l’avait quittée quelques secondes avant l’explosion. Cette demoiselle est vraiment très touchée physiquement. Donc, j’imagine la souffrance des autres personnes".

 

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