L'accessibilité pour tous, un véritable enjeu pour les partis politiques ?

L’accessibilité pour tous est un droit qui n’est malheureusement pas encore acquis pour une partie de la population, particulièrement pour les personnes à mobilité réduite. Au total, elles représentent 30 % de la population qui ont quotidiennement des problèmes d’accessibilité ou de mobilité. Parmi Les personnes à mobilité réduite, on retrouve les personnes handicapées moteur, mais aussi par exemple les malvoyants, les personnes âgées, les personnes blessées temporairement, ou même les parents avec une poussette, etc…

Se déplacer, une manœuvre risquée

Pour traverser un carrefour, les plus mobiles d'entre nous ne mettent que quelques secondes. Pour Blandine qui est en chaise roulante, c'est souvent l'histoire de plusieurs minutes. Elle doit d'abord trouver plus loin un affaissement du trottoir, pour ensuite se mêler littéralement à la circulation automobile.

Une manœuvre risquée mais elle n'a souvent pas d'autre choix lorsque la voirie n'est pas adaptée à son handicap. « On parle souvent de personne souffrant d'un handicap. C'est un terme que je déteste parce qu'on ne souffre pas d'un handicap. On est en situtaion de handicap et on souffre du manque d'accessibilité », explique-t-elle. « Le handicap, c'est la conséquence d'un environnement inadapté. Le problème, c'est pas mon fauteuil roulant, c'est le manque d'accessibilité. La solution, ce n'est pas de guérir tous les handicapés, mais de rendre nos villes accessibles ».

« Des avancées trop lentes »

Si des avancées en terme d'accessibilité sont bien réelles, il n'est pas rare d'avoir le sentiment de faire un pas en arrière. Exemple: Nous sommes sur le quai d'une toute nouvelle ligne de tram du réseau bruxellois. Pour y accéder, les infrastructures sont parfaitement adaptées. Egalement en chaise roulante, Nino ne rencontre aucun problème jusqu'au moment d'entrer dans le transport en commun. Le bouton réservé aux personnes handicapées ne fonctionne pas car la rampe d'accès ne peut pas se déployer. La hauteur du quai n’a pas été pensée pour cela...Un comble pour un tout nouvel arrêt.

C'est ce genre de constat auquel est confronté régulièrement Nino Peeters, président de l'association « Passe le message à ton voisin » : « Il y a des avancées qui sont trop lentes. Parfois, il y a des reculs comme ce genre de ligne où on a fait des arrêts qui sont moins accessibles que ceux qu'on a connu dans les dernières années. »

En Belgique, les personnes à mobilité réduite représentent un tiers de la population. Une question s'impose, les partis ont-ils fait de l'accessibilité pour tous un enjeu dans leurs programmes ?

Mathieu Angelo, le président du collectif accessibilité Wallonie Bruxelles nous livre un constat pour le moins très mesuré: « Dans les programmes des partis, on a pu lire un certain nombre d'engagements. Mais cela reste superficiel. Cela manque justement de concrets car rien n'imposera demain aux établissements ouverts au public à se rendre accessible ».

En France, une loi impose depuis 2005 la mise en accessibilité d'absolument tous les établissements ouverts au public. En Belgique, ce genre de loi n'est toujours pas d'actualité en 2019.

 

Archives: Journal télévisé 06/05/2016

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