Koen Geens veut avancer sur le service minimum en cas de grève, la CGSP freine

Service minimum dans les prisons
Service minimum dans les prisons - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Koen Geens, ministre de la Justice en charge des prisons a invité les syndicats à une réunion technique en invoquant 'l'urgence'. Un seul point à l'ordre du jour, la mise en place d'un arrêté royal permettant d'appliquer l’article 19 de la loi pénitentiaire.

Il est question du service minimum en situation de grève. Actuellement, il est impossible sans cet arrêté d'application de définir les modalités concrètes d'un service minimum déjà décidé depuis plusieurs mois. Or il faut pouvoir établir pour chaque établissement les modalités de réquisition du personnel pour assurer un service minimum.

Pour Michel Jacobs, secrétaire général de la CGSP qui a jusqu'ici refusé de signer un protocole d'accord sur le service minimum, il n'est pas possible d'avancer sur cette question avec un gouvernement en affaire courantes : "Nos juristes nous disent que cet arrêté royal d’application doit être pris par un gouvernement de plein exercice.  Donc je vais faire mes remarques et puis la procédure suivra son cours jusqu’à son terme et on se réserve évidemment le droit d’exercer toutes les voies juridiques possibles."

Pas question d'un service minimum sans régler d'abord les dossiers importants

Sur la question de savoir si son syndicat conteste toujours sur le fond l'idée du service minimum, la réponse est sans appel : "Bien entendu. Si vous prenez la situation d’aujourd’hui le ministre nous dit qu’avec la loi pénitentiaire tout va aller mieux, 'je vais régler les problèmes de téléphonie dans les cellules'  nous a dit le ministre… Dans les faits, la téléphonie n’est pas réglée !  C’est pourtant une promesse de 2016 !".

Et le syndicaliste d'égrener toutes les promesses non tenues, sur la surpopulation, la vétusté des prisons. A la question de savoir si les grandes grèves de 2016 ont permis de faire bouger les lignes, Michel Jacobs est amer:  "Le ministre a signé un protocole avec d’autres mais pas avec la CGSP et il a dû refaire un nouveau protocole en 2018, dare-dare, parce que celui de 2016 n’avait pas été respecté. Et je peux vous dire que la dernière version n’est pas plus respectée que la précédente…".

L'image désastreuse des prisons et les conditions de travail freinent le recrutement

Le syndicaliste reconnait que les recrutements sont difficiles. Les candidats ne se bousculent pas au portillon. La faute dit-il en grande partie à l'image désastreuse du métier en relation avec les conditions de travail. 

A la question de savoir si la rencontre prévue avec le ministre va permettre de débloquer le dossier sur le service minimum, Michel Jacobs est clair: "Est-ce que le ministre est capable de me dire que demain il va régler tous les problèmes importants : surpopulation, manque d’effectifs, même de psychiatres? Vous savez par exemple qu’à Pefve, il y a un psychiatre qui passe trois heures maximum par jour. Et en réalité il vient tous les deux, trois jours…! Vous trouvez cela normal pour une population pareille? Que le ministre règle ces problèmes-là et après je pourrai peut-être envisager de m’asseoir à une table pour aborder le reste".

Au final au terme de la réunion à caractère technique prévue par le ministre Geens, les parties ont convenu d'examiner le projet de texte remis en séance. Tous se retrouveront le 12 juillet pour examiner les réactions des syndicats. Avec la volonté dans le chef du ministre d'aboutir rapidement.

 

 

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