Kim De Gelder projetait de s'attaquer à deux autres crèches

L'enquête judiciaire a permis de démontrer que le jeune homme pensait à assassiner des gens depuis des mois, voire des années.

L'acte d'accusation décrit les autres plans de Kim De Gelder, qui devra répondre devant la cour d'assises de Gand de 4 assassinats et 25 tentatives d'assassinat. "Il avait ainsi l'intention, après le massacre à Termonde, de commettre d'autres crimes dans des cabinets médicaux à Harelbeke et ailleurs, dans des maisons de repos, des hôpitaux, des écoles de police, ..."

Le 19 janvier 2009, il a entamé ses préparatifs pour trois attaques contre des crèches. Il a étudié les trajets, qu'il comptait effectuer avec un vélo. Le jour des faits, le 23 janvier, il a expliqué qu'il s'est levé à 5 heures du matin, a coloré ses cheveux et a mangé un petit-déjeuner "riche en énergie".

Il a rempli son sac à dos d'armes, de vêtements de rechange, et d'objets pour se déguiser. Il a aussi emporté des pansements s'il devait se blesser. Il a quitté son domicile vers 9 heures à vélo. Devant une première crèche, la "Zonneschijn", il a fait demi-tour car il y avait trop d'ouvriers présents. Dix minutes plus tard, il est arrivé à la crèche "Fabeltjesland" où il a mis ses plans à exécution.

Kim De Gelder se voit comme un "dieu qui peut décider de la vie et de la mort"

Kim De Gelder devra répondre dès le 22 février devant un jury populaire de quatre assassinats et 25 tentatives d'assassinats. Selon son avocat, Jaak Haentjens, son client était irresponsable et devait être interné, mais la chambre des mises en accusation de Gand a décidé en juin du renvoi en assises de Kim De Gelder.

Le procès devrait donc tourner autour de cette même problématique de l'irresponsabilité ou non de Kim De Gelder. Le collège des experts psychiatres a établi que le jeune homme avait bien un contrôle total de ses actes. "Le collège décrit dans le rapport que l'accusé avait tout préparé de façon minutieuse pendant cinq mois au moins. Cette façon d'organiser les choses sur plusieurs plans durant une longue période ne peut s'expliquer, selon le collège, que s'il est question d'un système profondément délirant ou d'aliénation mentale psychotique", peut-on lire dans l'acte d'accusation.

Même le jour des faits dans la crèche, il a eu des considérations cognitives, souligne le ministère public dans le document. "Lorsqu'il est entré dans 'Fabeltjesland', il voulait aussi à un moment donné encore faire marche arrière, mais la porte s'est refermée automatiquement derrière lui et il a réalisé qu'une accompagnatrice l'avait vu avec un couteau. Le collège conclut donc que l'accusé était en pleine capacité et qu'il était en état de faire la différence entre ce qui était permis et ce qui ne l'était pas, entre le bien et le mal. Il ne s'agit pas d'assassinats de quelqu'un qui aurait agi de façon impulsive et désordonnée. Il était très bien préparé, a œuvré avec sang-froid (après les faits également) et avait la liberté de choisir d'arrêter."

Kim De Gelder a les caractéristiques tant d'un tueur en série (au moins 3 victimes à des moments différents) que d'un criminel de masse (au moins trois victimes à un moment et à un endroit). "Le collège a établi qu'il présentait plus les caractéristiques d'un tueur visionnaire "visionary killer" (certainement pour ce qui est du choix de victimes quelconques) mais qu'il opérait de façon très systématique comme un tueur en série en mission ("mission serial killer") (chargé d'une mission déterminée). (...) En outre, il était clair, pour le collège des psychiatres, que le jeune homme entrevoyait chez lui une sorte d'omnipotence. A de nombreux moments de l'enquête, il se sentait supérieur et omnipotent (vis-à-vis de la police, des psychiatres, du personnel pénitentiaire...) et s'identifiait comme "un dieu qui peut décider de la vie et de la mort", selon l'acte d'accusation.

RTBF avec Belga

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