Kim De Gelder: "Il aurait pu y avoir 10 victimes de plus", selon le médecin légiste

Le président Koen Defoort s'est adressé à l'accusé immédiatement après le témoignage des médecins. "Qu'est-ce que cela vous fait, monsieur De Gelder ? ", a-t-il demandé. "J'ai préféré ne pas regarder", a répondu l'accusé. "Vous avez entendu ce qui s'est dit", a renchéri Koen Defoort.

"Que voulez-vous que je rajoute à cela ? ", a bredouillé De Gelder. Mais le président a insisté. "J'essaie de me concentrer pour ne pas regarder", a dit l'accusé, avant d'ajouter qu'"une personne peut être sujette à tant d'émotions différentes". Puis Kim De Gelder a conclu en disant qu'"il préférait ne pas en parler dans cette salle d'audience".

Le président Defoort lui a alors demandé s'il pouvait s'imaginer ce que les victimes pensent de tout cela. "Je suis en prison depuis 4 ans", a répondu De Gelder. "C'est difficile pour moi ces derniers temps." Le président de la cour d'assises a une nouvelle fois insisté sur le même mode en demandant: "C'est donc pénible pour vous ? ". Ce à quoi l'accusé a répondu qu'il savait qu'il "n'était pas le seul" à "avoir difficile".

A visage découvert

Avant le début du procès, Kim De Gelder avait fait savoir qu'il ne souhaitait pas être reconnaissable sur les clichés. Son visage devait être masqué sur les photos et les images.

Vendredi soir, en fin d'audience, l'accusé a soudain considéré que ce n'était plus un problème pour lui d'apparaître sur les clichés. "Finalement, ce n'est pas si grave", a-t-il déclaré. Son avocat, Jaak Haentjes, a ajouté que c'était "son choix". Une demi-heure après cette annonce, l'accusé revenait pourtant sur sa décision. Ce lundi, il est désormais certain que Kim Gelder accepte de pouvoir être pris en image de manière identifiable.

Du carburant pour des bombes incendiaires ? "En cas de panne d'essence"

Des photos de l'appartement de Kim De Gelder ont été montrées lundi matin devant la cour d'assises de Flandre orientale. Dans un placard de la cuisine se trouvait un jerrycan d'essence, posé à côté de bouteilles contenant des vis et des morceaux de t-shirt. L'accusé a affirmé qu'il possédait ce bidon d'essence "au cas où quelqu'un aurait une panne d'essence".

L'agent de police Pasqinely Raes, qui a participé à la perquisition, a notamment montré la chambre de l'accusé. On y voit un matelas de camping sur lequel est posé un sac de couchage. Un réveil et une petite armoire sont disposés à côté du matelas. Un peu plus loin, on trouve une chaise avec quelques vêtements posés dessus.

Dans le coin-cuisine, en-dessous de l'évier, les policiers ont trouvé un bidon contenant 8 litres d'essence. A côté, il y avait trois bouteilles de vin vides contenant des vis et un morceau de t-shirt. L'agent de police Pasqinely Raes a expliqué qu'il s'agissait de matériel servant à "confectionner une bombe incendiaire".

De Gelder aurait craint que son propriétaire cherche à le tuer et avait donc acquis de quoi se défendre. L'avocat Jef Vermassen a désiré entendre à nouveau De Gelder à ce propos lundi. Le président a demandé à l'accusé à quoi servaient ces "cocktails Molotov".

"Tout d'abord il s'agissait de bouteilles de vin contenant des chiffons", a expliqué De Gelder. Le président a fait remarquer que de l'essence se trouvait à côté. "Ca peut servir à différentes choses", selon De Gelder. "Notamment à quelqu'un qui tombe en panne d'essence." Interrogé sur le fait qu'il aurait pu éventuellement avoir l'intention de verser ce carburant dans les bouteilles, l'accusé a répondu qu'il "aurait dû, pour cela, avoir un but".

Me Vermassen ne s'est pas montré satisfait de cette réponse. "Il n'y a quand même pas besoin de déposer des vis au fond d'une bouteille pour aider des gens en panne de carburant", a-t-il poursuivi. Ce à quoi De Gelder a répondu: "J'avais acheté des vis et en avais rempli les bouteilles. Au cas où cela aurait pu me servir un jour à confectionner des cocktails Molotov."

"Dans le cadre d'un nouveau plan d'action ? ", a demandé le président. "Qu'insinuez-vous ? ", a répondu l'accusé. Le président a tenté d'en savoir plus mais De Gelder a clos la conversation. "Je veux bien développer davantage cette question mais je ne juge pas le moment opportun."

Des préparatifs poussés menés par l'accusé

Kim De Gelder a effectué de minutieux préparatifs en vue de commettre ses actes à la crèche et a suivi les comptes-rendus faits de la mort d'Elza Van Raemdonck, est-il ressorti du témoignage de l'expert de la Computer Crime Unit fait devant la cour d'assises de Flandre orientale lundi.

De Gelder a assassiné Elza Van Raemdonck, 72 ans, le 16 janvier 2009 à Vrasene et a tué une semaine plus tard, deux bébés et une femme de 54 ans à la crèche Fabeltjesland de Termonde. Roel De Maeyer, agent de la Computer Crime Unit de la police judiciaire fédérale de Termonde, a détaillé les résultats de l'analyse effectuée sur l'ordinateur de l'accusé.

Après l'assassinat de Vrasene, De Gelder a ainsi cherché sur internet des informations sur les faits et les a copiées informatiquement. "Il existait également un deuxième fichier, vide celui-là. Il était vraisemblablement destiné à recueillir les informations concernant les faits commis à la crèche", a précisé l'expert informatique.

C'est essentiellement pendant la nuit que De Gelder préparait ses actes. Il a confectionné une carte de visite du "Centre de recherche pour la dépollution des sols et des eaux" avec une fausse identité, ainsi qu'un message vocal approprié afin de corroborer cette identité. Il a également téléchargé des logos de la police.

Il a notamment trouvé sur Wikipedia des informations sur le "contract killing".

Le 20 janvier, il a cherché sur internet des informations supplémentaires sur ses "cibles", les crèches Zonneschijn, Fabeltjesland et Peuterland. Comme mot-clés de recherche, il a introduit "kinderdagverblijf" (crèche) et "Dendermonde" (Termonde) sur le site des Pages Jaunes. Il a également effectué une recherche dans Google afin d'obtenir plus de détails sur ces trois crèches. Il a crée un fichier avec l'itinéraire à prendre, les adresses et les données des crèches. Sa dernière recherche avant de commettre les faits concernaient des informations sur l'acné, a encore indiqué l'expert informatique.

L'avocat Jef Vermassen s'est encore enquis de savoir si le matériel informatique pouvait révéler que "son utilisateur était perturbé". "Tout y était parfaitement rangé, de façon bien structurée", a confié le témoin.

Belga

"Avez-vous pu vous reposer et réfléchir ? ", a demandé le président Defoort à l'accusé lundi matin. A la question de savoir s'il acceptait d'être reconnaissable sur les clichés, Kim De Gelder a apporté cette réponse: "Je n'ai pas d'objection à cela tant que le procès se déroule de façon honnête". Defoort a encore demandé à De Gelder s'il avait accès à la télévision et aux journaux en prison. "Je ne suis pas vraiment les informations", a répondu ce dernier. L'accusé, vêtu d'un nouveau costume, a confirmé une deuxième fois qu'il acceptait d'être pris en images. "Je n'ai pas d'objection à cela, monsieur le président."

"Etes-vous conscient de ce que les faits ont provoqué dans la société ? ", a interrogé M. Defoort. "Personne ne m'a vraiment tenu au courant. Et je ne sais pas ce que vous voulez dire en évoquant le fait d'être conscient". Defoort lui a expliqué que les gens voulaient savoir qui il était et ce qui l'avait poussé à faire ce qu'il a fait. "Cela ne me pose pas de problèmes d'expliquer cela. Mais ma longue détention me rend les choses plus difficiles", a encore précisé l'accusé.


Belga

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