Kazakhstan: une fusée Soyouz décolle, enfin, de Baïkonour

C'est avec beaucoup de suspense et près de deux mois de retard que la fusée russe Soyouz avec à son bord deux Russes et un Américain, a pris le départ ce matin sous la neige, depuis Baïkonour au Kazakhstan. Ce nouvel équipage prendra la relève de l'équipage actuel de la station spatiale qui, sinon, risquait de rester inhabitée après 11 ans de présence humaine. En effet, le 24 août dernier, une fusée identique, sans équipage, qui devait ravitailler la station, avec un vaisseau Progress, s'est écrasée dans la forêt sibérienne après une défaillance du troisième étage. Cet accident, rarissime sur Soyouz qui approche des 1.800 lancements, tombait d'autant plus mal que la NASA avait mis fin à son programme de navette, 1 mois plus tôt, pour dépendre uniquement de cette fusée russe Soyouz. Chaque lancement d'un astronaute américain, européen, canadien ou japonais est désormais payé 55 millions de dollars. Le lancement de ce lundi matin est d'autant plus crucial que le programme spatial russe accumule depuis 1 an, un nombre d'échecs jamais vu dans ses cinquante ans d'histoire, depuis le vol historique de Youri Gagarine. La série noire a commencé en décembre dernier avec l'échec d'une fusée Proton avec ses 3 satellites, puis une fusée Rockot et en été, un autre Proton et le Soyouz de ravitaillement. Mardi dernier, la grosse sonde martienne Phobos-Ground à destination de Mars, après un bon lancement, n'a pu s'élancer vers Mars et retombera probablement sur Terre le mois prochain.

Frédéric Castel à l'agence spatiale européenne à Paris

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