Kazakhgate: Jean-Claude Fontinoy (cabinet Reynders) s'était renseigné sur JF Etienne des Rosaies

"Je ne me suis jamais occupé du Kazakhgate, j'ai appris tout cela par les médias" : depuis que l'affaire De Decker/Chodiev a éclaté, la ligne de défense de Jean-Claude Fontinoy, expert au cabinet du ministre des Affaires étrangères, n'a jamais varié.

Le 10 mai encore, alors qu'il était interrogé par les membres de la commission d'enquête parlementaire, le président du conseil d'administration de la SNCB, considéré comme un proche du ministre Didier Reynders, le répétait : "Je ne me suis jamais occupé de ces dossiers, je ne peux quand même pas inventer".

Un mail de novembre 2013

Pourtant le nom de Jean-Claude Fontinoy apparaît bien un courriel où Jean-François Etienne De Rosaies se vante des liens avec lui. Ancien préfet, il est soupçonné d'avoir joué un rôle central dans l'affaire Chodiev et d'avoir servi d'intermédiaire entre l'Elysée et la Belgique. Une relation qui serait passée par le relais de Jean-Claude Fontinoy ?

Devant la commission parlementaire, Jean-Claude Fontinoy nie catégoriquement : "Je ne le connaissais pas avant la fin 2013, il m'a demandé à ce moment là de le recevoir en vue d'une proposition d’anoblissement de Georges Forrest. Je suis un homme prudent. J’ai demandé à ma secrétaire de regarder un peu qui était monsieur des Rosaies. "

Relation minimale ? Personnalité à peine connue ? D'après des documents que la RTBF a pu consulter ce n'est pas tout à fait exact. Jean-Claude Fontinoy a bien cherché à savoir qui était Etienne des Rosaies. Il a même eu à son sujet un échange de mails avec l'ambassadeur de Belgique au Vatican.

Logique : c’est à Rome qu’est situé le siège de l’Ordre de Malte, l’organisation dont Jean-François Etienne des Rosaies se revendique. Les mails datent de novembre 2013 et sont expédiés par Jean-Claude Fontinoy lui-même, qui envoie à l'appui de sa demande à l'ambassadeur la carte de visite du préfet.

"Un grand embarras russo-ouzbek"

Non seulement il semble s’informer, mais surtout il reçoit rapidement une réponse. Un courriel envoyé le lendemain dans lequel est dressé un portrait peu flatteur de Jean-François Etienne des Rosaies, présenté comme "un personnage typique du monde politique français, au service d’une galaxie d’intérêts politico-financiers" et l’ambassadeur d'ajouter "c’est lui qui, il y a quelques années avait plongé notre ami Armand De Decker dans un grand embarras exploité par la presse, dans l’affaire Chodiev, du nom d’un oligarque russo-ouzbek qui allait soi-disant faire en sorte que des firmes françaises allaient recevoir de grosses commandes."

Bref, un bon résumé du Kazakhgate envoyé directement à Jean-Claude Fontinoy. Ce mail restant sans réponse, l’ambassadeur enverra même une copie au supérieur de Fontinoy pour s’assurer que l’information est bien passée. Voilà donc qui contredit les déclarations de Jean-Claude Fontinoy, pourtant faites sous serment.

Etienne des Rosaies s'intéressait de près à Fontinoy, et l'inverse est également vrai. Ce n'est pas tout à fait ce qui était exprimé devant la commission d’enquête.

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