Jugement du procès de la scientologie: un mauvais quart d'heure pour le ministère public

Le juge Régimont a eu des mots très durs à l’égard du ministère public, lors d prononcé du jugement ce vendredi, estimant qu’il aurait fallu complètement refaire l’enquête, voire réécrire le réquisitoire pour combler les nombreuses lacunes accumulées par l’accusation.

Le juge reproche surtout au ministère public d’avoir voulu juger la doctrine de la Scientologie plutôt que les infractions que l’Église aurait pu commettre. Avec des conséquences de taille, puisque pratiquement toutes les préventions ont été jugées irrecevables. Et notamment celles d’organisations criminelles et d’associations de malfaiteurs. Quant aux rares préventions recevables, elles étaient frappées de prescription.

La scientologie ne ressort pas pour autant blanchie de ce jugement. Le tribunal a simplement dit que sa mission était de juger des faits concrets, et pas une doctrine religieuse. Et que les éléments dont il disposait, ne lui permettaient pas de le faire.

Un constat qui a réjoui les inculpés de l’Église de scientologie

Représentant l’un des inculpés, Maître Elisabeth Praet a évoqué "une belle leçon de droit de la part du président", qui a examiné tous les arguments avancés par l’accusation et par la défense. "Au niveau du réquisitoire du parquet, les choses n’étaient pas claires et c’est le fond du problème. Le juge ne pouvait pas juger des gens alors qu’il ne pouvait pas savoir de façon objective ce qu’on leur reprochait et à quelle date."

Même sentiment pour Eric Roux, porte-parole de l’Église de scientologie qui salue un jugement extrêmement juste et un soulagement pour tous les prévenus poursuivis pendant 20 ans. "Le tribunal dit aujourd’hui que les poursuites étaient basées sur des préjugés et contre la philosophie religieuses de l’Eglise de scientologie plutôt que contre des faits, parce qu’il n’y avait pas de faits. Cela met fin à un acharnement contre des croyances de 20 ans, et cela soulage ".

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