Enseignement : pourquoi des journées pédagogiques sont-elles maintenues dans certaines écoles ?

Étonnement, courroux, colère… Dès la semaine dernière, alors que leurs enfants avaient à peine repris le chemin de l’école après des vacances plus longues que prévu, des parents ont reçu un courrier de certains établissements annonçant la suspension des cours en raison d’une ou plusieurs journées pédagogiques.

Il apparaît clairement que pour beaucoup de parents qui ne sont pas rompus aux fonctionnements des établissements scolaires, ces journées apparaissent comme des congés déguisés à la faveur des enseignants. Tous s’interrogent sur la nécessité du maintien de ces journées pédagogiques alors que les élèves ont déjà été largement privés de journées d’écoles, en cette année scolaire particulière.

C’est quoi une journée pédagogique ?

Cette ou ces journées pédagogiques sont obligatoires. Elles sont inscrites dans un décret de 2002. Elles servent à la formation continue des enseignants d’une part, mais également à une réflexion sur le fonctionnement de chaque établissement scolaire. Pour le 30 juin, les directions des écoles doivent remettre à l’administration leur plan de pilotage. Pour établir les lignes, les directions réunissent le corps enseignant pour réfléchir et définir ce plan stratégique qui guidera chaque école pour la ou les années à venir.

La priorité aux jours d’enseignement est demandée

Dans la circulaire qui veut organiser au mieux la fin de l’année scolaire, la Ministre de l’Enseignement, Caroline Désir, fait mention de ces journées pédagogiques. Sans pouvoir les supprimer purement et simplement dans la mesure où elles sont obligatoires par décret, la Ministre recommande toutefois aux établissements scolaires de veiller à ce que leur organisation empiète le moins possible sur les journées d’enseignement. Aux journées pédagogiques, il faut préférer les journées de pédagogie à destination des élèves.

Obligatoire dans certains cas

WBE, Wallonie-Bruxelles Enseignement, pour l’officiel, et le Ségec, Secrétariat général de l’Enseignement Catholique, ont relayé cette demande de la Ministre Désir dans les établissements de leur réseau respectif.

Toutefois, dans certains cas, ces journées pédagogiques doivent être maintenues. "Certaines écoles jugées en difficulté sont absolument tenues de rendre leur plan stratégique pour le 30 juin, explique Christian Carpentier, le porte-parole du Ségec. Par ailleurs, la circulaire de la ministre par rapport à l’organisation de la fin d’année pose la question de la tenue ou pas d’épreuves certificatives, de sessions d’examens avec suspension des cours, ou pas. Elle appelle à la clémence. Cette organisation ne se décide pas en 15 minutes pendant la récré du matin. Pour les directions, cela nécessite de réunir le corps enseignant pendant une journée pour décider et organiser les choses au mieux".


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Même son de cloches pour Wallonie-Bruxelles Enseignement, via sa porte-parole, Géraldine Kamps : "L’interrogation des parents par rapport au maintien des journées pédagogiques est parfaitement compréhensible. Mais la période difficile ne touche pas que les familles. Elle touche aussi les écoles et leur fonctionnement. Nous avons toutefois demandé aux établissements qui dépendent de notre réseau d’essayer, dans la mesure du possible, de privilégier les journées de cours. Dans la mesure du possible, ces journées peuvent être placées avant la fin de l'année, mais la période n'est vraiment pas propice". Les écoles sont par ailleurs invitées à faire part au réseau de leur choix de tenir une journée pédagogique afin d’en évaluer l’absolue nécessité. Suite à notre question aux administrations, une école, nous a-t-on dit, a supprimé la journée pédagogique qui était prévue ce jeudi.

Retour à l'école: JT 19/04/2021

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