Journée mondiale contre le sida: le nombre de cas diminue, mais la maladie touche des publics plus divers

Le 1er décembre prochain, c’est la Journée mondiale de lutte contre le sida. Trente ans après les premiers cas détectés, l’épidémie est toujours active dans de trop nombreux pays et cela malgré de grandes avancées scientifiques. Qu’en est-il en Belgique ? Pour répondre à cette question, La Première recevait ce vendredi matin Thierry Martin, porte-parole de la Plateforme Prévention Sida. Sciensano, l’institut de santé publique, a présenté le rapport 2018 concernant le sida.

L’une des conclusions plutôt rassurantes est qu’en Belgique il y a moins de cas diagnostiqués, une diminution de cas infectés. "Ça reste néanmoins un niveau très élevé, puisqu’il y a environ 880 personnes qui ont été dépistées séropositives en 2018, précise Thierry Martin. C’est encore évidemment de trop, mais depuis quatre ans, on voit qu’il y a une diminution des cas d’infection. Ce n’était pas arrivé depuis une vingtaine d’années, donc ça fait quand même du bien de signaler que l’épidémie commence finalement à diminuer, même si le combat n’est effectivement pas fini."

Le sida s’attaque au système immunitaire et s’attrape principalement via lors de relations sexuelles non protégées. "Lorsqu’il rentre dans l’organisme, il va attaquer ce qu’on appelle le système immunitaire, ces fameux lymphocytes CD4. Et à partir d’un certain moment, le système immunitaire va être affaibli, et après plusieurs années, on va développer des maladies et c’est à ce moment-là qu’on devient malade du sida. Auparavant, on est uniquement séropositif."

Combiner plusieurs stratégies de prévention

La diminution des cas s’explique par plusieurs facteurs : le dépistage, le port du préservatif et le traitement préventif. Thierry Martin poursuit : "On pense que la bonne nouvelle des cas de réduction montre quelque part le succès de ce qu’on appelle la prévention combinée, c’est-à-dire combiner plusieurs stratégies de prévention — le préservatif, le dépistage et le traitement, puisqu’on sait maintenant que le traitement joue sur la transmission du virus."

"Puisque les traitements sont devenus tellement efficaces aujourd’hui, ils bloquent la multiplication du virus dans l’organisme et ils le rendent indétectable, c’est-à-dire qu’il n’y en a presque plus et en tout cas pas assez pour le transmettre à une autre personne. Évidemment, on ne guérit pas du sida, on reste séropositif, mais la transmission est cassée pour autant que la personne suive ce traitement. C’est le traitement comme prévention. Et l’idée est effectivement aujourd’hui que les personnes qui découvrent malheureusement leur séropositivité soient mises le plus tôt possible sous traitement pour justement empêcher cette contamination, et surtout qu’elles aillent mieux également."

Des publics plus divers

Il y a aussi une nouvelle stratégie de défense, c’est le traitement pré-exposition, la PrEP. Ce traitement est destiné aux personnes séronégatives qui ont beaucoup de chances de rencontrer le virus dans leur parcours. "C’est donc principalement les publics prioritaires qui sont concernés — les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, les usagers de drogues, les travailleurs du sexe, les personnes d’origine étrangère. Ces personnes-là pourraient donc, si elles le souhaitent, prendre un traitement qui consiste à prendre une trithérapie que l’on donne au patient et qui va quelque part les protéger d’une éventuelle contamination. Ce qu’il est important de dire, c’est que c’est un suivi médical qui est très important et que ça ne marche que pour le VIH. On reste effectivement toujours susceptible de contracter les autres infections sexuellement transmissibles, d’où le préservatif qui reste quand même essentiel aujourd’hui dans la lutte contre le VIH."

Signalons enfin que, si le nombre de cas diminue, le sida touche des publics plus divers. "La diminution se traduit chez les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et chez les personnes migrantes, mais on voit également que la proportion de Belges hétérosexuels, par exemple, a plutôt tendance à augmenter, puisqu’elle est environ de 34%, et surtout des personnes qui viennent de pays voisins qui habitent chez nous — la France, l’Allemagne, les Pays-Bas par exemple — mais aussi de beaucoup plus loin. On voit une augmentation des cas de transmission chez des personnes qui viennent d’Asie ou d’Amérique latine par exemple, ce qui nous invite aussi à adapter nos stratégies de prévention pour viser ces nouveaux publics qui apparaissent."

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