Journée mondiale contre le cancer: l'importance "de bien jouer sur les facteurs de risque"

Ce lundi, c’est la Journée mondiale de lutte contre le cancer. En 2015, 67.000 personnes ont été diagnostiquées. La campagne de cette année tente de montrer ce que chacun peut faire, à son niveau, contre le cancer, en commençant par la prévention.


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"Je pense que la prévention devrait être un combat continu. Il vaut mieux prévenir que guérir, comme on dit, et il est très important de bien jouer sur les facteurs de risque, surtout les facteurs de risque qu’on peut changer. Il est très important de continuer à travailler, et cela nécessite une éducation continue qui commence le plus tôt possible dans la vie et continue le long de la vie. Donc, éducation, éducation, éducation, et surtout travailler sur les facteurs de risque", explique le professeur Ahmad Awada, chef du service de la clinique d’oncologie médicale de l’Institut Jules Bordet. 

Facteurs de risques et vie équilibrée au quotidien

Il existe des facteurs de risque qui impliquent que certaines personnes sont prédisposées au cancer. "Ils ne sont pas uniquement la cause, mais ils jouent un rôle important. Je pense à une nourriture équilibrée, un mode de vie équilibré, une activité physique, éviter les toxiques comme le tabac. Tous ces éléments-là peuvent réduire le risque du cancer et peuvent également réduire le risque de maladies cardiovasculaires. Le cancer et les maladies cardiovasculaires sont les deux tueurs de beaucoup de personnes dans notre société et c’est le même combat. Il faut donc vraiment jouer sur beaucoup de ces facteurs de risques et d’autres facteurs de risque", précise-t-elle. 

Prévention, gestes au quotidien pour éloigner les risques de cancers, le sujet n'est plus aussi tabou qu'il y a une dizaine d'années, selon le professeur.

"Maintenant c’est clairement une maladie qui commence à être bien connue dans la société, les gens sont plus sensibilisés, mais on doit continuer à jouer un rôle dans l’éducation et dans l’explication. Je pense que c’est une maladie à considérer comme les autres. C’est vrai qu’elle fait peur et c’est tout à fait compréhensible, mais c’est aussi une maladie traitable avec les moyens qu’on a actuellement — la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, la thérapie biologique ciblée, et plus récemment l’immunothérapie. Si on met tout ça ensemble, on arrive à guérir 60% des malades cancéreux. Reste à trouver des solutions pour les 40% des patients qui rechutent malheureusement, malgré un traitement optimal au départ. Il y a beaucoup de recherches, et en particulier en Belgique, pour essayer de progresser et trouver des solutions pour ces malades."

Le dépistage est un des moyens de découvrir les cancers tôt (...) on le traite beaucoup plus facilement et les chances de guérison sont meilleures

Autre aspect primordial : les dépistages. Mais ce n'est pas forcément possible pour tous les cancers. "Chaque cancer a son dépistage, avec des questions, avec des limitations. Je pense que c’est une matière très scientifique, très médicale, et je dirais qu’il faut suivre les directives dans ce domaine, les études cliniques qui sortent et les interpréter avec intelligence. Mais, clairement, le dépistage est un des moyens de découvrir les cancers tôt, et quand on découvre un cancer très tôt, on le traite beaucoup plus facilement et les chances de guérison sont meilleures."

Il faut donc être vigilent et attentif si l'on a une douleur et ne pas hésiter à aller voir le médecin, parce que plus tôt c’est pris, plus on a de chances d’avoir une rémission rapide.

"Je pense qu’il faut être vraiment très vigilant et très attentif, surtout devant des symptômes qui ne cèdent pas. Il ne faut pas leur donner des explications qui paraissent simples. Un symptôme qui ne cède pas et pour lequel on ne trouve pas d’explication évidente — je parle au niveau médical comme au niveau du patient — je pense qu’il faut aller plus loin dans la mise au point, et que cette mise au point soit la plus intelligente possible pour éviter des abus dans les diagnostics, dans les examens de ces malades."

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