Journée internationale du droit à l'avortement: même en Belgique, il y a des soucis

Près de la moitié des avortements réalisés chaque année dans le monde (25,5 millions sur un total de 55,7) ne se déroule pas dans des conditions de sécurité suffisantes, selon l'OMS
Près de la moitié des avortements réalisés chaque année dans le monde (25,5 millions sur un total de 55,7) ne se déroule pas dans des conditions de sécurité suffisantes, selon l'OMS - © DIDIER PALLAGES

Ce 28 septembre, c’est la journée internationale du droit à l’avortement. Un droit qui est encore souvent dénié aux femmes. Certains pays en Europe continuent de l’interdire.

Des rassemblements et des manifestations sont prévus ce jeudi dans de nombreux États membres pour rappeler à quel point les femmes européennes ne sont pas égales sur cette question. Si la majorité des pays de l’Union européenne autorisent l’avortement jusqu’à 10 ou 12 semaines de grossesse, voire plus pour certains, la situation est loin d’être identique pour tous les États.

Sylvie Lausberg, vice-présidente des femmes francophones et directrice du département d’étude et stratégie du Centre d’action laïque, rappelle que l’interdiction est totale à Malte. "En Irlande, elle n’existe que s’il y a un danger imminent pour la vie de la femme. Et alors vous avez encore la Pologne, où vous avez vu des manifestations parce que c’est déjà très réduit et ils veulent encore restreindre le droit, et à Chypre".

En Belgique, pas de dépénalisation et problème de médecins

En Belgique, la question de la dépénalisation de l’avortement fait toujours débat, mais d’autres points doivent aussi être réglés, rappelle Sylvie Lausberg. Les médecins ne sont formés que sur base volontaire, ce qui pourrait conduire à terme à une pénurie de médecins pratiquant l’IVG. Et puis il y a aussi la clause de conscience: "La loi prévoit que les médecins qui ne veulent pas pratiquer peuvent utiliser cette clause de conscience pour refuser, mais ils ne sont pas obligés de référer à un autre médecin. Et donc la femme qui arrive chez le médecin qui ne la réfère pas à quelqu’un d’autre, avec le délai de 12 semaines qui est assez court et les 6 jours incompressibles entre le premier rendez-vous et l’interruption de grossesse, se retrouve dans une course contre la montre qui peut vraiment être une entrave directe à l’interruption de grossesse".

Rappelons qu’en Belgique pratiquement 20 000 avortements déclarés ont lieu chaque année. On estime par ailleurs qu’il y en aurait aussi 10 000 non déclarés. En marge de cette manifestation qui est prévue ce jeudi dans le quartier européen de Bruxelles, une pétition doit être remise au Parlement européen.

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