Journée internationale des Roms: mettre fin aux discriminations

Les populations Roms, souvent exclues. Ici, à Saine-SaintDenis, en France
Les populations Roms, souvent exclues. Ici, à Saine-SaintDenis, en France - © AFP/MIGUEL MEDINA

12 millions de Roms vivent en Europe, et 30 000 résideraient en Belgique. Un village va être installé ce lundi devant le Parlement européen, à l'occasion de la journée internationale des Roms. Le but: rappeler la grande précarité dans laquelle vit cette population et interpeller pour mettre fin aux discriminations.

Les Roms restent largement exclus d'une réelle participation à la vie sociale, économique et politique de notre pays. Sur le terrain, la communauté rom reste difficile d'accès pour les travailleurs sociaux. Pour cette raison, des ASBL engagent des médiateurs roms pour faciliter la communication et l'aide sociale. Mihaela Mihai est l'une de ceux-ci

Elle est devenue médiatrice très tôt, par la force des choses. Adolescente, c’est déjà elle qui gérait les papiers de sa famille: dix années de procédure pour demander le séjour en Belgique. "Je me suis occupée de tout ce qui étaient problèmes administratifs dans ma famille, plus les problèmes des membres de notre église", explique-t-elle. "Alors, chaque fois qu’il y avait un problème, ils sont venus me demander de les accompagner, soit pour aller au CPAS, à la commune, à l’hôpital, ou chez leur avocat".

En Roumanie, Mihaela reconnait qu’elle n’a pas subi autant de discriminations que d’autres. Mais pour s’inscrire au lycée, par exemple, on lui a quand même conseillé de ne pas dire qu’elle était rom. En Belgique aussi, elle a entendu pas mal de clichés sur ses origines: "Quand je suis allée à la commune pour m’inscrire, ils m’ont demandé si j’habitais dans la caravane", raconte-t-elle. "Donc il m’avait cataloguée tout de suite tzigane, rom... Alors, à ce moment-là, ma réponse a été 'Monsieur, je n’habite pas dans la caravane parce que si j’habitais dans la caravane, c’est à la DIV que j’aurais dû aller m’inscrire. Donc là où on matricule les voitures'. Alors j’ai dit : 'le fait que je sois venue chez vous, à la commune, cela veut dire que j’habite dans un appartement'".

"Nous ne sommes pas tous nomades. Beaucoup d’entre nous travaillent", insiste Mihaela. Elle estime aussi que les Roms mendient parce qu’ils n’ont pas d’autres perspectives. A travers cette journée internationale des Roms, les organisateurs espèrent apporter un regard plus nuancé sur cette communauté.

Julie Wolff et G. Fabré

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK