Journée Internationale des Droits de l'Enfant : bientôt interdit de séparer frères et sœurs ?

Placés dans des institutions différentes, Mélanie et son frère ont été séparés pendant 10 ans !
Placés dans des institutions différentes, Mélanie et son frère ont été séparés pendant 10 ans ! - © JEAN-CHRISTOPHE WILLEMS - RTBF

À 27 ans, Mélanie est une jeune entrepreneuse qui ne rechigne pas à la tâche. Elle a déjà monté son salon de pédicure médicale ainsi qu’une entreprise de nettoyage qui emploie trois personnes. Spontanée et naturelle, la jeune fille cache bien ses blessures anciennes. Car quand elle avait dix ans, son frère aîné a été placé en institution d’aide à la jeunesse. Elle a suivi le même chemin quelques années plus tard. Enfin, pas tout à fait le même chemin car Mélanie s’est retrouvée dans un autre établissement. Elle qui vivait une relation forte avec son frère dans un milieu familial compliqué a été subitement séparée de lui. Pendant dix ans, ils n’ont pu se rencontrer qu’épisodiquement et n’ont jamais pu être de nouveau unis sous un même toit familial. Une situation loin d’être isolée puisqu’un sondage récent réalisé en Flandre révèle que 77% des jeunes ayant été pris en charge par les services d’aide à la jeunesse n’ont pas grandi avec leurs frères et sœurs.

Une loi pour réunir les fratries

Cela fait dix mois qu’une proposition de loi a été déposée par Sophie Rohonyi (DéFi) afin de donner aux fratries le droit de ne pas être séparées lors d’un placement d’enfants. SOS Villages d’Enfants soutient cette proposition et indique que "grandir avec ses frères et sœurs est une composante fondamentale de leur droit à la protection de la vie familiale."

Ce qui semble une évidence est pourtant peu appliqué dans notre pays où des considérations purement matérielles, organisationnelles ou logistiques l’emportent sur l’effet bénéfique d’un regroupement familial. Certains établissements invoquent des limites d’âge alors que d’autres manquent de place. Il est déjà difficile d’accueillir un enfant dans certains cas, alors que faire quand c’est toute une fratrie de plusieurs personnes qui doit être hébergée ? "En poussant les murs, nous sommes arrivés à accueillir deux familles de quatre enfants cet été dans notre centre de Bande", avance Natacha Rossignol, experte pédagogique de SOS Villages d’Enfants. "C’est compliqué pour un adolescent de construire son identité avec une histoire familiale tourmentée. Le grand frère ou la grande sœur sont des ressources pour expliquer la situation. Ce sont des repères avec qui il a partagé une histoire commune. Grandir au sein de sa famille ou fratrie est un droit à défendre".

En cette Journée Internationale des Droits de l’Enfant, l’association fait de cette revendication une priorité. Afin que les exemples de Mélanie et son frère se raréfient et que des enfants déjà séparés de leurs parents puissent maintenir un lien familial.

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