Jour de grève pour les fonctionnaires fédéraux, les prisons fortement touchées

La CGSP AMiO et la CSC Services publics mènent des actions ce mardi dans l'ensemble des ministères fédéraux. Le mouvement est suivi dans l'ensemble du pays. Ce sont les prisons qui sont principalement touchées.

Le syndicat socialiste dénonce les mesures prises par le gouvernement lors du dernier ajustement budgétaire. Cela concerne les pensions des fonctionnaires, et notamment l'harmonisation de la bonification pour diplôme des régimes de pensions des fonctionnaires, salariés et indépendants.

Comptabilisation des années d'études et congé maladie

Une cotisation sera demandée si les fonctionnaires souhaitent que leurs années d'étude soient prises en compte. Les fonctionnaires ne pourront plus épargner leurs jours de congé maladie non utilisés et le nombre de possibilités de départs anticipés a été réduit.

La CGSP dénonce ces mesures et veut aussi le maintien de la semaine de 38 heures. Le syndicat socialiste a appelé les fonctionnaires de la Justice, de l'Intérieur, des Affaires étrangères, des Finances de la Sécurité sociale, de l'Emploi, de la Santé publique, de la Mobilité, de l'Économie ainsi que les travailleurs de Fedasil, de la Cour des comptes et des organismes parastataux à une grève de 24 heures.

La CSC n'a pas appelé à la grève mais prévoit des actions. La CSC se joint en revanche à la grève dans les prisons.

La grève dans les prisons a débuté lundi à 22h00

L'arrêt de travail est prévu durant 32 heures dans toutes les prisons du pays, à l'appel de la CSC Services publics, la CGSP Amio et le SLFP. Il a débuté lundi à 22h00. Le mouvement aura lieu jusque mercredi 6h00 et est lancé au niveau national.

Les prisons de Nivelles, Ittre, Dinant et Namur sont concernées dans le Brabant wallon et la province de Namur. A Andenne, 10 agents pénitentiaires sur les 50 prévus ont pris leur service. Avec comme conséquences : pas de visite, pas de préau ce mardi pour les détenus. Les repas seront servis par la Protection civile. Les policiers assurent la sécurité.

En Hainaut, les prisons de Tournai, Leuze et Mons sont touchées. Seul 1/4 des agents ont pris leur service à Mons à ce matin. A la prison de Tournai, les policiers ont été appelés en renfort pour remplacer les gardiens grévistes.

A Bruxelles, toutes les prisons sont impactées par cette grève mais c'est à Forest qu'elle se fait le plus ressentir. Selon Cosimo Agostino, délégué CGSP, "seulement deux agents se sont présentés à leur poste ce matin. Le manque d'effectifs est comblé par la présence de policiers".

A Liège, l'établissement de défense sociale de Paifve, où travaillent habituellement 250 personnes, est également en grève. "Les 10% d’économie sur la masse salariale sont recherchés en rationalisant les prisons, en diminuant les effectifs alors qu’ils sont déjà en peau de chagrin. Il y a également une modification des horaires et la suppression de nos jours de maladie. Un agent qui aurait la malchance d’être malade plus de 21 jours par an se retrouvait avec 60% de son salaire. Ces mesures sont complètement imbuvables" explique Roland Bolly, président de la délégation CGSP.

A la prison de Lantin, où travaillent habituellement un millier de personnes, les économies dans les budget de fonctionnement ne passent pas non plus. Les détenus sont presque plus nombreux que les gardiens. "Le gouvernement, qui veut la diminution de 10% de personnel sur la législature complète, l’a déjà fait en un an. On se retrouve avec des sections de 80 détenus où on travaillait à trois et où nous devons maintenant travailler à deux. Avec les attentats que nous avons subis, nous avons de plus en plus de cas difficiles. Pour l’instant, c’est la police en très petit nombre qui assure la sécurité. Il n’y aura pas de sorties préau ni de visites. Les esprits s’échauffent déjà et les détenus ont décidé d’occuper le préau jusqu’à 19h parce que, eux aussi, ressentent ce manque de personnel sur leur bien-être" déclare Manuel Lamoline, président de la délégation CGSP à la prison.

"A Tournai, un piquet a été dressé devant le bâtiment des Finances et personne n'a pu entrer", a expliqué Roland Vansaingele, secrétaire général CGSP AMiO. Des actions similaires étaient prévues à Liège et à Bruxelles, notamment place Horta où plusieurs services fédéraux sont implantés.

Mouvement suivi à 90% dans les prisons

Selon le secrétaire général CGSP Justice, Gino Hoppe, l'action de mardi est un succès et "a dépassé ses attentes", le mouvement étant suivi à plus de 90% dans les prisons. Il estime que la situation restera inchangée dans le courant de la journée. En conséquence de ces actions, les services au citoyen pourraient être perturbés, a-t-il ajouté.

Les prévisionnistes de l'Institut royal météorologique (IRM), affiliés à la CGSP, ont également décidé de se mettre en grève ce mardi. "Les coupures budgétaires effrénées imposées par le coup de grisou Michel de même que la diminution des effectifs sous le seuil vital visent sans l'avouer l'extermination du service public fédéral", commente un représentant du syndicat socialiste à l'IRM. Le fonctionnement du service des prévisions est fortement perturbé, mais l'IRM assure quand même un service minimum (1 prévisionniste au lieu de 3), précise-t-on.

La CSC Services publics, qui a choisi de cibler certains endroits comme les prisons, les bâtiments des Finances ou de l'Onem, menait pour sa part des actions d'informations et de sensibilisation. "Le mouvement peut prendre des formes variables", a expliqué Silvana Bossio, secrétaire nationale CSC Services publics.

Une petite centaine de militants syndicaux se sont rassemblés devant le cabinet du ministre de la Fonction publique Steven Vandeput. Ces mesures d'économie touchent "certainement dans le salaire, dans le montant de la pension, dans la durée de la carrière. Et cela nous touche dans les conditions de travail au quotidien. Le non-remplacement de 4 personnes sur 5, cela touche directement les fonctionnaires sur leur lieu de travail" explique Sylvana Bossio, secrétaire nationale de la CSC.

Économies prévues et critiquées

Dans le cadre de l'ajustement budgétaire, le ministre de la Justice Koen Geens compte réaliser une économie de 1,5% dans les centres de détention sur la législature. Le personnel devra notamment travailler en cinq shifts, contre trois précédemment. Tant la FGTB-CGSP que la CSC avaient déjà mené des actions en décembre à ce sujet. Après ces mouvements, le ministre Geens avait promis l'engagement de 54 personnes. Mais les syndicats les attendent toujours. La prime de flexibilité, destinée à compenser une perte de salaire, est également toujours attendue, souligne le syndicat chrétien.

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