Josiane, une bénévole bruxelloise de 89 ans, héberge des migrants dans son appartement

Josiane, une bénévole bruxelloise de 89 ans, héberge des migrants dans son appartement
Josiane, une bénévole bruxelloise de 89 ans, héberge des migrants dans son appartement - © Tous droits réservés

A 89 ans, Josiane continue d’héberger des migrants. Continue, parce que dans sa famille on a ça dans les gènes, c’est une tradition.

Fille de résistants, sa première expérience se fera pendant la guerre, lorsque deux familles juives trouvent refuge chez elle, "mais ça, c’est autre chose" nous dit-elle. Les premiers réfugiés qu’elle a connus étaient Hongrois en 1956. Dans les années 80, elle hébergera une famille de Kosovars.

Et aujourd’hui

Josiane nous accueille à Bruxelles dans son appartement deux chambres. Nous la suivons (elle est en fauteuil roulant) au salon, où récemment encore 3 migrants ont pu dormir quelques jours sur des matelas. "Un jour, ma petite-fille m’a parlé des Soudanais qu'elle accueillait dans son salon. Elle va les chercher, elle les héberge.Une autre de ses filles est chauffeur pour la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés.

Josiane décide alors d'envoyer un message à la Plateforme pour s’inscrire. Le jour même, à 20h30, on sonne à sa porte: "Bonsoir, on vous apporte vos deux invités". "Là ils n'étaient que deux, c'était un couple, des gens charmants", explique-t'elle. Le week-end suivant, ils seront trois.

Comment ça se passe quand ils arrivent ?

"Que voulez-vous que je vous dise ? Dans la famille on est habitué à ce va-et-vient. Pour moi, il n’y a rien d’extraordinaire à héberger des personnes."

Elle poursuit: "Ils arrivent, ils sont crevés, ils vont dormir. Après, on apprend à se connaître. Par rapport aux situations que j’ai pu connaître avant, ici on a aucun repère. Vous avez un gars devant vous qui ne parle ni anglais ni français… Je pensais qu’ils mangeaient du riz par exemple, mais non. Mais alors, il y a des moments très chouettes." 

Elle raconte une anecdote où trois migrants ont pris les choses en main et ont décidé de préparer le repas à leur façon. "C’était vraiment inattendu. Une autre fois, on a écouté ensemble de la musique soudanaise."

Elle garde, par ailleurs, le contact avec un jeune qui lui a promis que s’il ne parvenait pas à passer en Angleterre dans les deux semaines, il reviendrait chez elle pour lui demander de l’aide pour obtenir ses papiers en Belgique.

Et vous n’avez aucune crainte ?

Non… À mon âge, mon état d’handicapé me protège (rires). Ces gars, ils sont un peu ébahis… Je crois qu’il doit y avoir une forme de respect et d’étonnement… Une femme en fauteuil roulant… Ils ne vont pas me faire du mal. Et puis, je remarque aussi que ces garçons sont dans leur truc. Et leur truc, c’est de rejoindre l’Angleterre. Ils sont tellement pris par leur survie à eux qu’ils ne vont pas s’encombrer à faire des trucs pas possibles et interrompre leurs trajets. C’est le sentiment que j’ai…"

Le projet de loi des visites domiciliaires

Josiane nous dit que cela ne lui ferait évidemment pas plaisir de voir la police débarquer chez elle, mais elle continuera malgré tout à accueillir, comme elle l’a toujours fait.

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