Johnny Hallyday, dans un film à Cannes cette année

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Des "Diaboliques" en 1954 à "Vengeance" de Johnnie To en 2009, en compétition au Festival de Cannes, le chanteur français Johnny Hallyday a déjà une longue carrière au cinéma derrière lui, cependant très inégale et qui ne compte qu'une poignée de rôles marquants.

Dimanche, il présentera son troisième film sélectionné à Cannes après "L'aventure c'est l'aventure" de Claude Lelouch montré hors compétition en 1972, où il tenait un petit rôle, et surtout "Détective" de Jean-Luc Godard en compétition en 1985. Hallyday a un peu de plus de dix ans et s'appelle encore Jean-Philippe Smet quand il apparaît parmi les pensionnaires de la fameuse institution Delasalle dans "Les Diaboliques" d'Henri-Georges Clouzot en 1954. Devenu adulte et célèbre, il partage la vedette ou incarne le personnage principal dans des comédies musicales ou des comédies tout court qui ne marquent pas les mémoires comme "A tout casser", "D'où viens-tu Johnny? ", qui jouait sur son statut de star yéyé, ou plus tard "Wanted", aux côtés de Gérard Depardieu, Harvey Keitel et Renaud, "Quartier VIP" et "La gamine".

Plus étonnant, le réalisateur italien de westerns spaghettis Sergio Corbucci lui offre le rôle d'un pistolero à la Clint Eastwood dans "Le spécialiste" en 1969. Cette curiosité de série B, qui ne s'appuie pas sur son statut de chanteur, contrairement à la plupart des films dans lesquels il a joué, est ressortie en DVD en 2006. Nombre des films qui le mettent à l'affiche sont aujourd'hui considérés comme des nanars : c'est le cas de "Terminus" (1987), film d'anticipation largement inspiré de Mad Max. Et c'est l'inspecteur Harry qui lui sert de modèle pour son rôle de flic dans la série télévisée "David Lansky" (1989).

Mais Hallyday a aussi tourné avec de grands noms du cinéma, à commencer par Jean-Luc Godard qui lui offre dans son film noir "Détective" un rôle d'organisateur de combats de boxe aux prises avec la mafia. Salué par la critique, ce rôle donne à sa carrière d'acteur une nouvelle épaisseur.

En 1986, il devient perceur de coffres-forts dans "Conseil de famille" de Costa-Gavras, avec Fanny Ardant. Il retrouve en 2000 ses habits de rocker dans "Love me" de Laetitia Masson, long-métrage où il partage la vedette avec Sandrine Kiberlain. Pour Patrice Leconte, il incarne un gangster raté et usé face à un ancien professeur de français incarné par Jean Rochefort dans "L'homme du train", sélectionné à la Mostra de Venise en 2002. En 2005, il joue avec son statut d'idole dans la comédie "Jean-Philippe" de Laurent Tuel au côté de Fabrice Luchini. Pour ce film, il redevient Jean-Philippe Smet dans un monde où personne ne connaît Johnny Hallyday.

Dimanche, il montera les marches avec "Vengeance", polar signé du cinéaste hongkongais Johnnie To dans lequel il incarne un ancien tueur à gages à la recherche de sa fille kidnappée. "La carrière d'Elvis au cinéma ressemble à mes débuts. On ne me confiait que des merdes (...) Elvis restait un rocker aux Etats-Unis, comme moi en France", a-t-il confié récemment au Monde 2. Mais tourner avec Johnnie To, "c'est une carte de visite pour un acteur, une consécration", estime-t-il dans les notes de production du film.

(Belga)

 

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