Jeux vidéo en ligne dits violents, l'avis des joueurs

Day of Defeat (DoD) est un jeu vidéo de tir par équipe se déroulant durant la seconde guerre mondiale. Sorti en 2001, ce jeu attire des milliers de joueurs à l'instar de son grand frère Counter Strike (CS) dont on a parlé il y a peu dans l'actualité. Composé de deux camps, la Wehrmacht et l'armée américaine avec leurs armes respectives, le jeu est une suite de plan dans lesquelles il faut tantôt conquérir le territoire, tantôt remplir des objectifs. Très réaliste, il n'en reste pas moins un jeu vidéo. Pourrait-il être responsable de la violence comme le racontent souvent médias et autorités?

Une communauté francophone énorme s'est créée autour de ce jeu, avec DoDfrance.com comme quartier général. Parmi les nombreux joueurs, Norico, père de famille de 39 ans. "Il est vrai que les jeux sont de plus en plus réalistes, ce qui peut inciter certains jeunes à la violence en reproduisant les scènes jouées, mais est-ce pire qu'au cinéma? Mon fils de 14 ans essaie de respecter les pictogrammes sur les boîtes... ce qui n'est pas le cas dans toutes les familles. Après, de la à prendre des armes pour aller "nettoyer" son ancien lycée, il y a un pas à franchir", explique-t-il. Afin de montrer l'exemple et suivre les règles, Norico a interdit l'utilisation de Day of Defeat à son jeune garçon.

Tancrède, alias BGN en jeu, y joue depuis trois ans. Il n'avait que 14 ans quand il a commencé. "Je l'ai acheté à la Fnac, tous les jeux normalement interdits y sont disponibles à la vente" dit-il, personne ne lui a demandé de montrer une pièce d'identité lorsqu'il est passé à la caisse avec le boîtier.

Pour lui, le réalisme n'influe en rien sur la violence, elle peut juste la stimuler chez les personnes ayant déjà des comportements agressifs enfouis en eux.

"Mais pour ma part, c'est une distraction, je pense que la transposition du jeu dans la réalité n'est pas fréquent, il me semble que les médias exagèrent et usent à tort des pseudos-effets néfastes de ce genre de jeu. Le seul point négatif pourrait être la dépendance à un univers virtuel".


Les parents?

Pour éviter ces problèmes, les parents ont un rôle important à jouer, par exemple surveiller le temps de jeu. "Je joue en moyenne deux heures par jour, parfois un peu plus» ajoute Tancrède. Norico, quant à lui, en tant que père de famille conseille de " surveiller son enfant régulièrement pendant la phase de jeu et de limiter la durée. Quand je vois des "pyjamas" (terme des joueurs désignant les personnes de 12 à 16 ans) qui jouent encore après 23 heures, je me demande pourquoi ils ne sont pas au lit".

Une Lan

Il existe un point sur lequel le joueur de 39 ans et celui de 17 s'entendent, les "lans". Une lan est un rendez-vous de joueurs autour de leur jeu favori, en réseau local et non sur internet, les joueurs se retrouvent donc tous ensemble dans une même salle. C'est aussi la possibilité de découvrir d'autres cultures, des joueurs de tous horizons en lan de niveau européen.

"Une lan c'est la rencontre de joueurs, nous restons devant un écran mais moins seuls, c'est la possibilité de voir nos adversaires du net. Je ne sais pas si elles permettent de socialiser mais elles contribuent à cet aspect communautaire. " ajoute Tancrède

" Rencontrer les personnes avec qui on joue ne change rien à la violence du jeu, il faut juste l'apprécier comme un loisir, et non comme une deuxième vie. C'est vrai que de voir de temps en temps ces autres joueurs est gratifiant. Mais de la à promouvoir ce genre d'évènements pour rendre plus sociable le joueur, je ne pense pas que cela fonctionnerait", conclut Norico.

Mais le public visé ne se limite pas à Tancrède et Norico, qu'en pensez-vous? Les parents pourraient-ils en faire plus? Les médias exagèrent-ils ce problème? Et enfin, les "lans" peuvent-elles être utiles à l'évolution du joueur dans ce milieu?

(C.Viane)

 

 

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