Jeunes en Syrie: 3 questions à l'avocat d'un chef présumé de la filière

Les jeunes hommes qui se retrouvent face à la justice se seraient rendus en Syrie, d'autres auraient organisé la filière pour y envoyer des combattants. Les faits ont été reconnus par certains d'entre eux que leurs avocats présentent comme des idéalistes engagés pour renverser le régime de Bachar El-Assad.

Des amis d'enfance pour la plupart, mal organisés et pas du tout entraînés. C'est en tout cas la thèse de Maître De Quevy.

Maître De Quevy, Que reproche-t-on à ces jeunes ?

On leur reproche d’avoir voulu combattre en Syrie ou d’avoir été combattre en Syrie et d’être revenus et d’avoir par là même adhéré à une organisation terroriste et de ne pas avoir combattu pour l’armée libre syrienne et donc d’avoir des idées qui sont des idées anti-européennes, voilà, ça ne me semble pas évident mais enfin bon, c’est comme ça.

Dans quel état d’esprit comparait celui qui est considéré comme le leader du groupe et votre client ?

Mon client est complètement repenti, lui il a maintenant ouvert une société de fabrication de sous-planchers et de placement de sous-planchers, il est prof dans un athénée, c’est une véritable catastrophe pour lui parce qu’il a été mis sur écoute pendant des mois où visiblement l’idée de retourner en Syrie lui grattait encore l’esprit et cela fait trois mois qu’il est complètement réinséré. Mais le 24 février, la justice décide d’en arrêter neuf, c’est un peu étonnant.

Qu’est-ce qu’il risque aujourd’hui ?

En tant que dirigeant d’une organisation criminelle, vous pouvez monter jusqu’à vingt ans mais je pense qu’on descendra beaucoup plus bas dans cette affaire.

 

Les 13 prévenus maintenus en détention

Les 13 jeunes qui comparaissaient aujourd'hui, y compris le client de Maître De Quevy, devant la Chambre du Conseil de Bruxelles pour participation à une organisation terroriste, resteront en détention.

Le parquet les soupçonnent d'avoir organisé une filière pour partir combattre en Syrie ou d'y envoyer des jeunes recrues. Arrêtés au cours d'une perquisition menée voici trois semaines, ces jeunes, âgés de 19 à 24 ans, disent aujourd'hui avoir renoncer à ce type d'engagement. Cela n'a manifestement pas convaincu les juges.

Thierry Van Gullick avec Grégoire Ryckmans

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