Jeunes allemands maltraités en Roumanie: 14 inculpations

Jeunes allemands maltraités en Roumanie: 14 inculpations
Jeunes allemands maltraités en Roumanie: 14 inculpations - © Tous droits réservés

La justice roumaine a inculpé vendredi quatorze personnes soupçonnées de mauvais traitements envers des adolescents allemands accueillis pour des séjours de réinsertion à la campagne dans un centre dirigé par un couple d'Allemands, principaux suspects de l'affaire.

Au terme d'une enquête dont la révélation en août avait fait grand bruit, les procureurs roumains estiment que les adolescents de 12 à 18 ans passés par la ferme du nord de la Roumanie tenue par le couple étaient soumis à des "traitements profondément abusifs".

"Ils ont été détenus dans des conditions assimilables à de l'esclavage, exploités en étant forcés à travailler au-delà de leur capacité physique jusqu'à épuisement, privés de nourriture et de liberté", écrit le parquet en charge de la lutte contre le crime organisé (DIICOT) dans un communiqué.

Outre les deux Allemands, Bert et Babett Schumann, douze autres personnes ont été inculpées et renvoyées au tribunal pour les chefs d'appartenance à une organisation criminelle, trafic d'enfants, privation de liberté et blanchiment d'argent.

Parmi les autres personnes poursuivies figurent un responsable local de la protection de l'enfance accusé d'avoir fermé les yeux sur les mauvais traitements, des encadrants employés par le centre et des habitants de la localité soupçonnés d'avoir fait travailler les enfants.

La structure nommée "Projekt Maramures" accueillait depuis de nombreuses années des adolescents en difficulté pour des séjours de réinsertion. Le centre travaillait avec des habitants de la localité auxquels les jeunes étaient confiés pour différentes activités.

Lorsque la police roumaine est intervenue sur place l'été dernier, procédant à des arrestations, vingt mineurs allemands se trouvaient dans la ferme située dans un vaste domaine à Viseu de Sus, près de la frontière ukrainienne.

Les autorités allemandes avaient alors affirmé n'avoir "jamais entendu parler de problèmes ces 20 dernières années" concernant cette structure recevant des financements publics.

La somme de 137.000 euros avait été retrouvée au domicile de M. Schumann lors des investigations ainsi que 9.000 euros chez un de ses collaborateurs et complices allégués.

Le parquet roumain estime que les fonds versés par l'Etat allemand ont été "principalement utilisés à d'autres fins que celles pour lesquelles ils avaient été versés".

 

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