Jeanine et Jean-Luc : quand solidarité rime avec amitié

Pendant le confinement, il n’est pas toujours facile de maintenir un lien social. Recréer du lien, c’est justement l’ambition de l’opération "Confinés mais pas seuls" lancée par la RTBF et Cap48. Via un numéro de téléphone gratuit (0800 711 37), vous pouvez demander, ou proposer de l’aide. Les communes prennent ensuite le relais pour mettre en contact les personnes inscrites. Et un peu partout, de belles rencontres se font. C’est le cas entre Jean-Luc, 57 ans, et Jeanine, 76 ans, à Hannut.

Une relation de confiance

Nous retrouvons Jean-Luc chez lui, devant son ordinateur. Comme il le fait régulièrement, il prend connaissance d’un e-mail envoyé la veille par Jeanine, avant de partir faire ses courses.

Depuis le début du confinement, il s’est porté volontaire pour l’aider. Envie de rendre service, besoin de se rendre utile aussi après s’être beaucoup occupé de sa maman qu’il a perdue il y a bientôt deux ans.

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Jeanine envoie régulièrement un mail à Jean-Luc avec sa liste de courses © RTBF

J’ai senti qu’il y avait des atomes crochus

Jean-Luc et Jeanine ne s’étaient jamais rencontrés auparavant, mais très vite, une relation de confiance est née entre eux.

"L’aspect financier lui faisait un peu peur, et c’était bien légitime, nous confie Jean-Luc. Alors moi je lui ai proposé de payer avec mon compte. C’est moi qui paye, je lui donne la souche et elle me fait des virements. C’est comme ça qu’on a fait directement. Et après ma première visite chez elle, j’ai senti qu’il y avait des atomes crochus, il y avait quelque chose qui se passait entre nous et je dirais que la belle histoire a commencé à ce moment-là".

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Dans les allées du supermarché, Jean-Luc prend son rôle très à cœur © RTBF

C’est comme si j’achetais pour moi

Jean-Luc prend son nouveau rôle très à cœur. Dans les allées du supermarché, il sélectionne les articles avec minutie. Il tente de respecter au mieux les souhaits de Jeanine. Mieux, à la boucherie par exemple, il prend son temps. Pas question de choisir n’importe quels produits.

"Si Jeanine veut du steak, je vais regarder et choisir un beau morceau, explique Jean-Luc. J’ai envie de choisir la viande comme si c’était pour moi. Et aussi bien pour le reste : c’est comme si j’achetais pour moi ou comme pour ma maman en son temps".

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Jean-Luc doit parfois un peu chercher pour trouver les articles demandés par Jeanine © RTBF

Anticiper les besoins

Et au détour d’un rayon, le bénévole n’hésite jamais à anticiper les besoins, comme quand il trouve des boîtes de masques chirurgicaux, désormais vendus en grande surface. Ni une, ni deux, Jean-Luc appelle Jeanine pour savoir si ça pourrait l’intéresser et repart avec une boîte.

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Jean-Luc n’hésite pas à appeler Jeanine en cas de doute ou pour lui proposer d’autres articles. © RTBF

Que ce soit au supermarché, à la boulangerie ou à la poste, Jean-Luc ne compte pas son temps pour venir en aide à celle qui est devenue son amie. Alors quand il arrive chez elle, l’accueil est à la hauteur de l’effort.

Briser l’isolement

"Voilà mon sauveur !", s’écrie Jeanine en découvrant Jean-Luc devant chez elle. Il faut dire que la septuagénaire n’a pas quitté sa maison depuis le début du confinement. Elle s’occupe de son mari malade et fragile, ses enfants habitent loin. Alors le passage de Jean-Luc brise son isolement.

"On ne voit pas sa famille, on ne voit personne, raconte Jeanine. Je ne sais pas beaucoup parler avec mon mari… Donc voilà, j’étais contente de parler avec quelqu’un en fait. C’est la seule personne avec laquelle j’ai parlé pendant deux mois".

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La visite de Jean-Luc est la seule que reçoit Jeanine depuis le début du confinement © RTBF

Le destin fait bien les choses

Sur le trottoir, les conversations se prolongent d’ailleurs bien au-delà de la réception des courses. À chaque visite, ils en apprennent un peu plus l’un sur l’autre. Ces deux-là semblaient faits pour se rencontrer.

"C’est un feeling, précise Jeanine, on l’a ou on ne l’a pas… C’est une sympathie directe ! La première fois que j’ai ouvert ma porte, j’ai vu un grand sourire, je l’ai rendu… Et depuis lors c’est comme ça".

"Je viens ici avec plaisir, ajoute Jean-Luc. Je n’ai pas envie de l’oublier et je n’ai pas envie de la décevoir non plus. C’est comme si elle faisait déjà partiellement partie de la famille".

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L’amitié qui s’est nouée entre Jeanine et Jean-Luc perdurera bien au-delà du confinement © RTBF

Vivement le déconfinement

Jean-Luc et Jeanine n’attendent qu’une chose : pouvoir se retrouver en toute sécurité chez l’un ou chez l’autre autour d’un bon repas pour la première fois. Ce ne sera d’ailleurs certainement pas la dernière !

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