J.-P. van Ypersele (Giec): "Ce rapport, c'est une piqûre de rappel"

Jean-Pascal van Ypersele, climatologue à l'UCL et vice-président du Giec
Jean-Pascal van Ypersele, climatologue à l'UCL et vice-président du Giec - © AUDE VANLATHEM - BELGA

Le Giec met en garde, les effets du changement climatique sont observables aujourd'hui et vont s'intensifier à l'avenir. Nous avons posé trois questions à Jean-Pascal van Ypersele, climatologue à l'UCL et vice-président du Giec.

Le nouveau verdict du Giec le confirme : les conséquences du réchauffement sont de plus en plus visibles et réelles, toute la planète est touchée, quels sont les impacts en Europe ?

Les inondations sont un des aspects principalement dans les régions côtières là où la densité démographique est importante. D’ici 2080, les inondations affecteront chaque année des millions de personnes. Mais un autre aspect risque aussi de concerner beaucoup l’Europe dans les années qui viennent: ce sont les effets sur la santé humaine et sur l’économie suite aux vagues de chaleur extrêmes. On se souvient de l’été 2003 qui avait causé la mort de 50 000 personnes en Europe, on s’attend à ce que des étés comme celui–là ne devienne un été quasiment normal d’ici le milieu du siècle.

Un réchauffement qui va aussi avoir des conséquences sur les ressources alimentaires ?

On s’attend à ce que l’agriculture dans l’ensemble soit touchée par le réchauffement de l’atmosphère, d’abord dans des pays où le secteur agricole est très développé et où l’alimentation humaine dépend très fortement de ce qui est produit localement. C’est principalement le cas pour l’Afrique mais d’une manière générale, on s’attend à ce que le prix des produits agricoles s'en ressentent. Et si ils grimpent, cela affectera tout le monde en touchant en premier lieu les populations les plus pauvres. Ce qui va encore exacerber la pauvreté dans ces pays.

Ce rapport alarmiste vous surprend-t-il ?

Il n’y a pas d’intention d’alarmer! Ce rapport c’est une piqûre de rappel pour les décideurs. Le Giec a travaillé le plus objectivement possible sur la base de faits scientifiques, et ils sont là: le climat est en train de changer et les impacts deviennent visibles aujourd’hui. Le Giec le dit depuis son premier rapport publié en 1990, je ne suis donc pas étonné mais ce qui me surprend le plus c’est que les décideurs aient prêté aussi peu d’attention aux différents rapports du Giec et n’aient pas pris des mesures tant dans le domaine de la prévention, pour diminuer les gaz à effets de serre que dans le domaine de l’adaptation, de protection qui soient à la hauteur des défis du changement climatique.

Sophie Brems

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK