Jean, guide belge de haute montagne: rencontre au cœur d'un stage de cascades de glace

Au cœur des Alpes italiennes, nous avons rencontré Jean de Macar, l'un des rares guides belges de haute montagne. Nous le retrouvons pour un stage de cascades de glace auquel participe un groupe de Belges amateurs d'escalade. Jean les initie à l'ascension de ces parois glacées.

On est censé réduire le risque un maximum tout en laissant la place à cette sensation que le gens viennent chercher

L'escalade de glace, qui demande crampons et piolets, est très différente de l'escalade en rochers: "Entre soi et la matière glace, on n'a moins de ressenti tactile pour savoir si la prise tient ou pas", nous explique Jean de Macar. La sécurité est donc sa priorité. "Beaucoup de gens viennent pour aller un peu dans le rouge et jouer avec leurs limites. Nous, on est censé réduire le risque un maximum tout en laissant la place à cette sensation que le gens viennent chercher. Et le juste équilibre est difficile à trouver". Guide depuis près de 20 ans, Jean a donc toujours voulu éviter d'instaurer un esprit compétitif lors de ses stages: "J'ai toujours cette impression que dans ce domaine-ci, cela amène vers des pièges catastrophiques. Dans des endroits comme ça, pousser plus loin, cela veut dire aller là où c'est encore plus dangereux, où on est plus fatigué". 

Le réchauffement climatique a rendu les avalanches plus imprévisibles

Depuis quelques années, les avalanches apparaissent à des périodes totalement variables, à des moments auxquels les guides ne s'attendent pas. Jean a d'ailleurs perdu l'un de ses amis dans une avalanche il y a deux ans. Et si elles sont devenues aussi imprévisibles, c'est à cause du réchauffement climatique: "Les chutes de neige arrivent souvent à des périodes différentes par rapport à avant. On a souvent des débuts d'hiver peu enneigés et il neige beaucoup plus tard, en mars parfois. Ce sont des neiges qui vont se transformer différemment parce que le rayonnement solaire est différent,...Et ça, ça fait vraiment peur. Cela veut dire qu'on ne peut plus pratiquer ces activités sans avoir cette épée de Damoclès. "

Le réchauffement climatique réduit également les possibilités de stages de cascades de glace: "Entre 1992 et 2000, on était minimum entre 4 et 6 semaines de cascades de glace par hiver, de Noël à début mars. Et là ces dernières années, on n'est plus qu'à une semaine".  

Mais si Jean de Macar a freiné ses aller-retour en Italie pour pouvoir s'occuper de fille aujourd'hui âgée de 8 mois, les stages lui procurent le même bonheur depuis 20 ans: "Ce qui vraiment me nourrit, me rend heureux quand je fais des stages comme cela, ce sont ces moments de partage avec les gens, les fous rires. J'adore voir les gens arriver ici et être complètement ébahis par cet endroit. J'ai l'impression d'être venu ici pour une bonne raison". 

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