Jean De Munck: "La christo-social-démocratie est en voie d'effondrement"

Jean De Munck - Professeur à l'UCL
Jean De Munck - Professeur à l'UCL - © Capture d'écran YouTube

C'est la question qui revient après les résultats de chaque élection européenne: la social-démocratie est-elle morte? Partout, les mouvements populistes, et les partis d'extrême droite réalisent de bons score : en Italie le weekend dernier, en Autriche un peu avant, et même en Allemagne, où l'AfD est le premier parti d'extrême droite à faire son entrée au Bundestag depuis l'après-guerre. Jean De Munck, professeur à l'Ecole des sciences politiques et sociales de Louvain, a récemment écrit un texte sur le sujet: "La tentation libérale-populiste des Européens". Pour lui, "la christo-social-démocratie s'est affaissée". 

Jean De Munck va même plus loin: selon lui, elle est véritablement en voie d'effondrement. "On peut espérer que ce ne soit que passager, et que le modèle social-démocrate retrouve de nouvelles forces". Car il n'est selon lui pas dépassé. "C'est une des trois visions structurantes du politique dans notre société, avec le libéralisme et le conservatisme", explique Jean De Munck. Certes, il rajoute qu'il est arrivé dans l'histoire qu'une des trois visions disparaisse, mais c'est toujours temporaire. Ce qui, en revanche, doit être tenu à l'oeil, c'est le danger que représente le conservatisme, qui resurgit sous forme de souverainisme: selon lui, une vraie menace plane sur le capitalisme européen. "Le propre du souverainisme est qu'il est très indéterminé quant à sa politique économique. C'est le cas du FN, et c'est ce qui a fait son échec: certains étaient favorables à un retour à une sorte d'état gaulliste, alors qu'une autre frange du parti est plutôt de tendance néo-libérale", rajoute Jean De Munck.  

Autre invité d'Eddy Caekelberghs, Brieuc Wathelet, coordinateur et porte-parole de la campagne Tam Tam, rejoint Jean De Munck: il y a pour lui un échec des modèles actuels. "On se rend compte que l'accroissement important des inégalités crée de la misère sociale, de la révolte, une situation dans laquelle potentiellement la population commence à s'orienter vers des offres politiques qui sont aux extrêmes", précise Brieuc Wathelet. Ce qui est selon lui frappant, c'est que la première attaque qu'ils ont reçu au lancement de la campagne Tam Tam visait la forme et non le fond. "Ça me laisse penser qu'on a visé juste. On a visé juste parce qu'il n'y a pas d'ennemi plus mal à l'aise que celui qui attaque sur la forme", explique le porte-parole de Tam Tam. 

Pour revoir l'intégralité de la séquence : 

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