Sans réseaux sociaux, quel risque de ne plus "exister"?

Exister sans les réseaux sociaux : déjà plus possible dans certains milieux.
Exister sans les réseaux sociaux : déjà plus possible dans certains milieux. - © FlckR/FindYourSearch

Les auteurs de "La république des réseaux" affirment que l'identité réelle et virtuelle sont en train de fusionner. Ne pas exister sur les réseaux est un danger car cela revient, dans certains milieux professionnels, à ne pas exister du tout.

Dans leur livre "La république des réseaux", sorti chez Fayard en septembre dernier, Frédéric Tardy, Jean Rognetta et Julie Jammot affirment que l'identité réelle et virtuelle sont en train de fusionner. Ils évoquent le "danger à ne pas être sur les réseaux". Selon eux, dans certains milieux professionnels, ne pas exister sur LinkedIn revient à ne pas exister du tout. Et ce n’est pas l'apanage de la seule Silicon Valley : cet été, une offre de stage de la marque de sport Quechua exigeait pour postuler un score d'au moins 35 sur le site Klout, un outil de mesure de l’e-réputation.

Plus près de chez nous Fred Colantonio, consultant en stratégie Internet et auteur de "Communication professionnelle en ligne - Comprendre et exploiter les médias et réseaux sociaux"  tient un discours plus nuancé : "Les gens sont confrontés à une surabondance d’offres qui surpasse leurs besoins. On est dans la même situation qu’il y a 7-8 ans quand on pouvait affirmer qu’un restaurant sans site web était appelé à disparaître. Car d’un seul clic les clients potentiels trouvent une alternative. Aujourd’hui les réseaux sociaux jouent un rôle semblable. Ceux qui occupent le terrain sont ceux qui construisent leur image de marque comme personne ou comme entreprise."

Préférence pour une information en périphérie immédiate

"Il y a dans le public une tendance à consommer l’information de façon conjoncturelle, contextuelle et hyper-rapide, c’est-à-dire que tout semble avoir le même niveau d’importance, et ensuite que l’on recherche, au départ d’un mobile dans 26% des cas, une information pour ici et maintenant (quel restaurant dans un rayon de 500 m ?). On ne cherche plus une réponse générale et définitive, mais une réponse pour le contexte du moment. Et de plus on veut la recevoir de façon quasi instantanée. Par exemple par un tweet : ’je déménage demain, qui vient m’aider ?’. Les décisions des consommateurs ont tendance à ne plus résulter d’une analyse pour décider du meilleur choix. Elles reposent sur la plus grande proximité intellectuelle et visuelle possible avec celui qui peut répondre à ma question, à mon besoin. Les marques qui ont compris cela peuvent réussir à masquer les autres propositions."

Mieux vaut pas de réseau qu’un réseau mal exploité

"Cela dit, nuance Fred Colantonio, on peut vivre sans réseau et mieux vaut ne pas y aller que de mal l’exploiter. Car il y a aussi un risque de ne pas être à la hauteur de son e-réputation. Rien de pire qu’un écart d’image entre une présence impeccable sur les réseaux et une maladresse ou pire, une imposture dans la réalité."

 

P. Bartholomé

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