« Je ne me souviens pas » : aux Assises pour le meurtre de Valentin, les accusés perdent la mémoire

« Je ne sais pas. Je ne me souviens pas ». Ce sont les phrases les plus entendues ce matin à la cour d’assises de Liège. A tel point que l’avocat général a repris de volée l’un des accusés, K., celui qui était mineur au moment des faits : « Il va falloir vous expliquer monsieur. Ce n’est pas suffisant de dire que vous ne vous souvenez pas. Le sens de ce procès, il est là. »

Ce « Je ne sais pas », c’est surtout de la bouche du plus jeune des accusés qu’on l’entendra. Très mal d’ailleurs, vu que K. parle très bas, ce qui donnera d’ailleurs l’occasion à l’avocat des parties civiles de remarquer que sur la vidéo tournée au moment des faits « On vous entend beaucoup mieux qu’aujourd’hui ».

Dorian Daniels « ne sait pas » pourquoi, sur ce même enregistrement, ses paroles sont violentes, pourquoi il ordonne à Valentin de faire ceci ou cela. Valentin qui était « gentil », Dorian l’a confirmé une minute plus tôt. Dorian qui semble à ce moment de l’interrogatoire retenir des larmes.

Victime de faits similaires

Dorian a expliqué, dans son audition pendant l’enquête, avoir été victime de faits similaires. A l’audience, il refuse d’encore en parler, mais à une question de la présidente, affirme qu’il ne s’agissait pas de faits de mœurs. Dorian qui confirme que le cannabis « fait rire », « même si on n’est pas joyeux » et à qui la présidente fait reconnaître que peut-être, si Valentin riait le soir où il est mort, c’était peut-être seulement à cause des joints qu’il avait dû fumer.

Pâle, maigre et timide

Dorian Daniels était très protecteur avec sa petite sœur. Pour son malheur, Valentin Vermeesch l’avait trouvée jolie. « Il a dit qu’il voulait la violer ? » lui demande l’avocat des parties civiles. « Non » répond Dorian Daniels.

Un moyen de ne pas se souvenir des faits gênants

Loïck Masson apparaît pâle, maigre et timide. Il apprend ce matin à l’audience qu’il a un demi-frère plus âgé que lui. Il est passionné de mécanique. Son discours ne se fait un peu structuré que quand il parle de moto. La moto, c’est d’ailleurs ce qui l’a rapproché de son voisin et maintenant coaccusé Alexandre Hart. C’est aussi lors d’une sortie à moto qu’il se rend compte qu’Alexandre « est méchant » : son ami s’amuse à zigzaguer et provoque un accident. Alexandre, qui avait aussi pris l’habitude, pour ces sorties à moto, de l’habiller « pour s’amuser » de déguisements ridicules.

Ce qui est frappant dans ces interrogatoires, c’est l’extrême pauvreté du vocabulaire et de l’expression des accusés. « C’est un moyen de ne pas se souvenir des faits gênants » affirme l’avocat de la famille de Valentin Vermeesch.

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