"Je jouais le bonhomme qu'on attendait de moi" Eddy de Pretto se confie sur les pressions sociales qu'il a subies

"Je jouais le bonhomme qu’on attendait de moi" Eddy de Pretto se confie sur les pressions sociales qu’il a subies
"Je jouais le bonhomme qu’on attendait de moi" Eddy de Pretto se confie sur les pressions sociales qu’il a subies - © Tous droits réservés

Les pressions sociales subies par les garçons, Eddy de Pretto les a vécues quand il était plus jeune. C’est la "virilité abusive" dont il parle dans ses chansons. Il raconte.

Jumelant la chanson française avec une musique plus rap, Eddy de Pretto, originaire de Créteil bouscule les codes et les genres. Dans ses textes, le jeune artiste s’attaque, entre autres, au thème de la virilité. Sans détour et sans tabou.

Brut a pu rencontrer le chanteur qui s’est alors confié sur les "pressions sociales" qu'il a subies durant son enfance. "Le gars a cette pression sociale totale qui dit que tu dois rouler des mécaniques, être costaud, porter le foyer", confie l’interprète de Kid. 

Le regard franc et une parole exempte de toute idéalisation, l’artiste est revenu sur son éducation. La vision qu’il a de son enfance, elle n’est pas rose. Loin d’être édulcorée. De Pretto raconte avoir été élevé de la manière où on dit aux garçons "Tu ne peux pas aller faire de la danse, du théâtre ou de la chanson parce que c’est pour les filles". 

Il pointe la tendance à éloigner les hommes de toute forme de sensibilité. "Il y avait peu de droit à une certaine sensibilité en étant un garçon". 

Pour garder la face et avoir l’air viril, Eddy de Pretto "devait avoir les épaules fortes, dures". 

Il détestait ça et pourtant, pour marcher sans la boue, il devait y aller et ne pas pleurer. "Je jouais le jeu du bonhomme qu’on attendait de moi en apparence".

Être un homme ou une femme aujourd’hui, c’est être libre

Cette pression sociale à laquelle Eddy de Pretto était confrontée, c’est ce qu’il appelle "la virilité abusive". 

"La virilité abusive, c’est cette injonction de se dire ‘tu dois…’. C’est au même titre que 'Tu dois être dans la cuisine ma fille'", explique-t-il. 

Utopie ou bouleversement de codes encore trop bien ancrés ? L’artiste aimerait qu’on se libère de cette injonction. Par exemple, selon lui, le fait d’avoir une voix efféminée ou non ne devrait en aucun cas être un signe distinctif. "Si j’ai ce penchant et si j’aime me tenir comme ça ou avoir une voix plus efféminée, ça ne fait pas de moi quelqu’un d’homosexuel ou pas", explique Eddy de Pretto. 

Son message ? "Être un homme ou une femme aujourd’hui, c’est être libre." Eddy de Pretto est clair. Ranger les hommes et les femmes dans des cases, c’est hors de question.

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