Je jette, tu ramasses: coup de blues dans les parcs bruxellois

Le weekend a été magnifique. Pique-niques, farniente, jeux d'enfants : les Bruxellois en mal d'espaces verts ont retrouvé avec bonheur le chemin des parcs… Mais visiblement pas toujours celui des poubelles. Après leur départ, ce lundi matin encore, des détritus épars jalonnaient les pelouses, au grand dam des gardiens et des jardiniers.

Au parc Josaphat, par souci de prévoyance, des équipes supplémentaires avaient été planifiées samedi et dimanche et de grands bacs supplémentaires avaient été disposés. Ces mesures ont permis de limiter les dégâts, sans éviter pour autant totalement la saleté et même à certains endroits les dégradations. Pour les jardiniers, qui passent déjà une partie de leur temps de travail à collecter des déchets, l’entretien et l’embellissement du parc prennent parfois des allures de sacerdoce face aux arrachages répétés de fleurs à peine plantées, sans compter les poteaux de bois retrouvés dans les mares.

Au parc du Cinquantenaire aussi les jardiniers sont mis à contribution : dans l’équipe de dix travailleurs, deux équivalents temps plein sont consacrés au ramassage toute l’année. Priorité est donnée aux bouteilles et aux canettes, dans un souci de sécurité – une canette passée à la tondeuse devient une mine d’éclats coupants dangereux pour les enfants qui courent pieds nus par beau temps. Ce lundi matin, leur travail avait été facilité par la présence durant le weekend des gardiens du parc. Des gardiens qui ramassent tellement de déchets au quotidien qu’ils finissent par avoir l’impression qu’on ne les considère plus que pour cet aspect de leur métier, au détriment de tout le reste. "Je jette, tu ramasses", c’est apparemment la devise d’une partie des promeneurs sans doute loin d’imaginer le blues des travailleurs qui passent derrière eux.

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