Jardinage sous-marin: des étudiants lancent une culture high tech de coraux en Belgique

Jardinage sous-marin: des étudiants lancent une culture de coraux
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Jardinage sous-marin: des étudiants lancent une culture de coraux - © Tous droits réservés

La Grande Barrière de corail contient près de 10% de la biodiversité mondiale et pourtant elle pourrait disparaître d'ici 2050. Les changements climatiques, le réchauffement, l'acidification des océans mais également les phénomènes consécutifs El Niño mettent à mal la capacité de régénérescence de ce milieu exceptionnel et fragile.

Mais elle est aussi une source de coraux pour les amateurs aquariophiles dont le marché vient prélever 1,6 millions de brins dans le biotope naturel principalement pour les Etats-Unis et l'Europe. Alors trois étudiants ont décidé de se lancer dans l'élevage de coraux sous le ciel gris et dans le froid belge.

Ils ont seulement la taille d'un dé à coudre et portent pourtant les espoirs d'Edouard Vangangel, étudiant en bio-ingénieur et Entrepreneuriat à l'UCL. Des espoirs patients car ces petit bouts de squelettes calcaires, produit de la symbiose d'un invertébré et d'une micro-algues (la zooxanthelle), ne poussent que d'un petit centimètre par mois: "L'idée m'est venue du paradoxe que je vivais moi-même en tant qu'aquariophile amateur de coraux, explique Edouard. Sensible à la cause environnementale, j'avais chez moi du corail issu du milieu naturel. Ma passion dégradait donc quelque part le milieu-même qui m'intéressait. J'ai vu que des cultures existaient ailleurs et je me suis donc dis "pourquoi pas ici"".   

Du jardinage haute-technologie

Chaque année plus d'un million et demi de brins sont prélevés dans le milieu naturel et viennent garnir les aquariums du monde entier "même si cela tend à diminuer notamment avec les fermes aquacoles qui se multiplient dans les pays exportateurs, explique Jérôme Mallefet, professeur de biologie marine qui accueille ce projet ambitieux au sein de son laboratoire. Mais le transport reste un souci. Il y a les conditions sanitaires qui endommagent ou font mourir une partie des coraux qui passent de l'Australie, par exemple, à la Belgique (15 000 amateurs tout de même!). Si le corail meurt, il est doublement perdu: pour le milieu où il a été prélevé et pour l'acheteur, ce n'est pas très rentable".

C'est là qu'intervient l'idée d'Edouard et Candy Corals. En plus la technique est extrêmement simple: le bouturage à partir d'un pied-mère de corail. "Je coupe un morceau d'une branche, je le colle à un plot et le replace dans le bac où il va grandir pendant six à huit mois", décrit Edouard. Une longue attente, sous la lumière artificielle et une chaleur qui coûte de l'argent. Pourtant, les trois étudiants impliqués dans le projet y croient: "Les lampes led et les nouvelles technologies réduisent les coûts. Les coraux élevés chez nous sont directement acclimatés contrairement à ceux qui viennent du milieu naturel et de pays lointains comme l'Australie ou l'Indonésie". Au final, des coraux plus beaux, qui vivent plus longtemps mais surtout qui peuvent se vendre jusqu'à 150 euros/pièce pour les plus rares et les plus délicats.

L'ambition, c'est une production qui devrait aller jusqu'à 6000 pieds par an. En tout cas, ils ne sont pas les seuls à y croire. Ils ont intégré la structure Yncubator qui couve les idées innovantes de jeunes entrepreneurs en Brabant Wallon et ont remporté le premier prix de la Start Academy, un concours de projets de création d’entreprises pour tout étudiant universitaire ou des hautes écoles.

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