Japon: une jeune et jolie chercheuse assassinée par les médias

Elle s'appelle Haruko Obokata, elle a 30 ans, elle est belle et intelligente. En janvier 2014, elle présente en conférence de presse une découverte qui pourrait révolutionner la médecine. Sa recherche, elle l'a expliqué dans deux articles de la prestigieuse revue scientifique Nature. Elle affirme avoir créé un nouveau type de cellule, les cellules Stap.

La voilà propulsée au statut de star: elle fait la une des journaux télévisés, des quotidiens. Les Japonais se sont trouvés une nouvelle icône. 

 

3 images
Haruko Obokata © JIJI PRESS - BELGAIMAGE

Mais la chute sera aussi rapide que violente. Quelques jours après la conférence de presse, des internautes commencent à s'interroger sur les images projetées pendant la présentation. Des doutes émergent. Aussitôt la voilà incendiée dans la presse et sur les forums et réseaux sociaux. 

"Certains s’élèvent pour critiquer ce 'cirque médiatique'. Mais la machine à broyer, impitoyable, s’est emballée et ne s’arrêtera pas. Un phénomène alimenté par la concurrence exacerbée à laquelle se livrent les médias nippons, d’une férocité sans commune mesure avec celle que l’on observe dans les pays occidentaux. L’esprit de compétition pousse journaux et télévisions à la surenchère dans la vindicte et le sensationnel", explique la correspondante de l'AFP au Japon sur le blog Making-of de l'AFP.

L'institut qui emploie la chercheuse doit lancer une commission d'enquête, qui conclut à la contrefaçon d'images et remet en doute la découverte. Haruko Obokata est hospitalisée, victime d'un craquage nerveux. Lors d'une conférence de presse, elle doit s'excuser devant le Japon.

3 images
Haruko Obokata lors de la conférence de presse pour présenter ses excuses © JIJI PRESS - BELGAIMAGE

Pourtant, elle n'est pas sanctionnée par son laboratoire, elle participe même à de nouvelles recherches... surveillée par des caméras 24 heures sur 24.

Avides de nouvelles histoires, internautes et médias lancent une véritable chasse aux erreurs de chercheurs, et des accusations sont lancées tous azimuts.

En août, le mentor de la jeune chercheuse est retrouvé mort. Il s'est pendu. Dans une lettre laissée à Haruko Obokata, il l'implore: "Ce n'est pas de ta faute. S'il te plaît, montre que les cellules Stap existent, et alors une autre vie débutera, c'est certain, certain".

J.C., d'après l'article du blog Making-of

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK