Japon: ultra-économiques, les ampoules LED promises à un brillant avenir

Rares et vendues plus de 75 euros pièce dans l'archipel il y a quelque mois, les ampoules à LED sont désormais nombreuses et proposées à un tarif moitié moindre, happant l'attention du chaland à grand renfort de publicité.

Les éclairages à LED ne représentent pour le moment que 2 à 3% du total au Japon. Mais les professionnels leur augurent une démocratisation à grande vitesse, et prédisent que leur part grimpera à quelque 20% d'ici 2012. Un marché que tous les grands groupes d'électronique cherchent déjà à conquérir.

"La baisse des prix va probablement se poursuivre", prédit le patron de la filiale de luminaires de Toshiba, Shinichi Tsunekawa.

Cela est essentiellement dû à deux raisons, confirme un vendeur de l'enseigne Bic Camera à Tokyo: "d'une part les progrès techniques ont permis de réduire les coûts de production en masse, et d'autre part la concurrence s'aiguise avec l'arrivée sur le marché de l'éclairage de nouveaux acteurs armés de technologies efficientes".

Le spécialiste des écrans à cristaux liquides (LCD) japonais, Sharp, est de ceux-là. Le responsable de la dégringolade des prix, c'est lui.

"Sharp s'est aussi distingué en résolvant un problème afférent aux LED qui est que leur lumière est directionnelle. Il a le premier réussi à bien en homogénéiser la répartition", ajoute le vendeur.

De fait, les ampoules japonaises ne ressemblent pas à des agglomérats de grosses LED couverts d'un globe de verre comme celles vendues dans d'autres pays, mais ont l'esthétique des ampoules traditionnelles. Elles en ont peu ou prou le même format. A l'intérieur de celles de Toshiba est logé un module plat couvert d'une couche de toute petites diodes, le tout ressemblant à un circuit intégré.

Munies de culots standards, elles sont en outre susceptibles de remplacer du jour au lendemain les énergivores lampes à incandescence qui chauffent plus qu'elles n'éclairent.

Toutefois, le fait que lesdites ampoules à LED soient désormais techniquement au point et abordables ne suffit pas, car elles restent quand même 40 fois plus onéreuses à l'achat que les modèles d'antan à filament, et 4 fois plus coûteuses que les plus récentes lampes fluorescentes compactes.

Elles ne sont de fait rentables qu'à moyen et long terme, offrant une décennie d'utilisation à raison de dix heures par jour en consommant jusqu'à huit fois moins d'électricité que les autres modèles, fussent-ils étiquetés "basse-consommation".

Outre Toshiba et Sharp, le géant Panasonic tente aussi de s'imposer sur ce marché en insistant sur les vertus écologiques de sa nouvelle gamme.

Une firme affiliée au groupe d'électronique nippon Mitsubishi Electric est aussi sur les rangs, de même que NEC qui a dû revoir ses projets initiaux à l'aune de ces rapides changements pour proposer des produits plus compétitifs que ceux qu'il envisageait de lancer. Cet imprévu l'a notamment conduit à confier la production à une usine chinoise.

Tous ces groupes d'électronique nippons espèrent dominer le marché des lumunaires à LED, alors que les ampoules à incandescence disparaîtront bientôt de la circulation. Les éclairages à LED contribuent en outre à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

"Allumée 10 heures par jour pendant 10 ans, une ampoule à LED génère 187 kilogrammes de CO2, 84% de moins qu'un modèle à incandescence qu'il faut en outre changer plusieurs fois dans ce laps de temps", insiste M. Tsunekawa.

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