Jamais le trou dans la couche d'ozone au dessus du pôle Nord n'a été aussi grand

C'est le plus grand trou dans la couche d'ozone jamais enregistré au-dessus de l'Arctique.

Phénomène saisonnier et plutôt habituel au-dessus des régions de  l'antarctique, il est observé en raison de la libération de chlorofluorocarbures, plus connus sous le nom de CFC (ce gaz utilisé dans les frigos à l'époque a été interdit en 1987 par le protocole de Montréal en 1987 pour protéger la couche d'ozone).

Ces gaz très persistants ont une très longue durée de vie. Trente ans après leur interdiction, ils sont toujours présents. 

Trou dans la couche d'ozone et coronavirus liés?

Rien a voir, apparemment avec l'arrêt forcé, par un certain coronavirus, des activités humaines et donc avec la baisse de la pollution de l'air mais plutôt des conditions météorologiques tout à fait exceptionnelles. "Il faut savoir que pour que ce que l'on émet comme polluant au sol met environ 6 mois à un an à parvenir dans la stratosphère, à 15 km d'altitude, là où se trouve la couche d'ozone", nous explique Quentin Errera.

Ce physicien de l'institut d'aéronomie spatiale de Belgique modélise tous ces phénomènes : "Quand la nuit polaire s'est installé cette fois-ci il y a eu des conditions météos beaucoup plus stable que d'habitude, et un système de cyclone et de dépressions finit par former ce qu'on appelle un vortex polaire, un tourbillon qui isole les masses d'air froides des masses d'air plus tempérées".

Une histoire de météo et de vortex polaire inédit

"La température y descend de manière vertigineuse. Une congélation persistante qui va provoquer des réactions chimiques avec le chlore des CFC. Et quand le printemps arrive, la lumière va transformer tout ce chlore en atomes destructeurs d'ozone. En général, ce vortex disparaît début avril, ce qui n'est pas le cas cette année, il perdure, le chlore a eu le temps de détruire la couche d'ozone.

Les scientifiques n'ont pas encore clairement établi de liens avec le réchauffement climatique et le taux de gaz à effets de serre. Mais cela pourrait être une éventualité. Au-dessus de l'Europe aussi, ces dernières semaines, les masses d'air ont été étrangement stables.

Mais conséquences limitées pour les populations locales

Les conséquences de cet énorme trou au-dessus du pôle restent heureusement limitées. La couche d'ozone est une couche protectrice dans la stratosphère. Elle protège la vie contre les rayons ultraviolets nocifs du soleil.

Lorsque le trou d'ozone a dérivé au-dessus de zones plus peuplées à partir de début avril, les personnes vivant à des latitudes très hautes ont tout de même dû s'enduire de crème solaire pour éviter les coups de soleil.